(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Ploubazlanec

Bateaux de pêche côtière de Loguivy-de-la-Mer

Type de dossier : dossier sommaire objets mobiliers Date de l'enquête : 2008

Compléments de localisation

Numéro INSEE de la commune : 22210
Aire : Bretagne

Historique

Commentaire historique : Depuis au moins le 17ème siècle, les marins-pêcheurs de Loguivy-de-la-Mer écument leur territoire de pêche côtière entre le sillon du Talbert et l'archipel de Bréhat jusqu'à l'entrée de la baie de Saint-Brieuc. Ces petites unités sont pour la plupart gréées en misainier ou en sloop à tape-cul. Elles font les lignes et les casiers pendant la belle saison et le goémon l'hiver. La flottille loguivienne en 1817 compte 23 bateaux de 1 à 2 tonneaux, montés chacun par deux hommes. Les noms de beaucoup de familles de pêcheurs connues au 20ème siècle figuraient déjà dans cette liste.
A partir de 1850, ces hardis navigateurs n´hésitent pas à poser leurs filières de casiers jusqu´en Bretagne Sud, de l´Ile de Sein à Belle-Ile-en-mer. Ils ouvrent des comptoirs et des viviers dans les ports du Conquet, et apprennent aux marins locaux les techniques de pêche. Certains iront même aux îles Scilly en deux marées. Ils pratiquent aussi les lignes à congres en Manche, dont ils utilisent la peau pour fabriquer une colle très prisée. Leurs bateaux équipés de vivier échouent dans le fond des ports, entre deux cales et un modeste quai. Des chaloupes gréées en lougre, avec misaine et taillevent, pratiquent la petite pêche en complément de la collecte du goémon, livré à l´usine du Wern (Ouern) ou à celle de Pleubian.
En 1900, la petite pêche dans le quartier maritime de Paimpol rassemble 400 armements, 477 en 1905 et 388 en 1910. En 1909, le port de Loguivy compte 107 bateaux de pêche dont 43 bateaux de plus de 10 tonneaux, qui pêchent les grands crustacés entre le Golfe de Gascogne et les îles Scilly. En 1912, la pêche côtière dans le quartier de Paimpol est pratiquée par 260 bateaux, dont une quarantaine de Loguiviens qui fréquentent chaque été l'Ile de Sein et les côtes anglaises, où ils capturent les crustacés. En 1914, le chiffre des armements en pêche côtière est tombé à 228 au lieu de 338 en 1910 (à cause de la guerre). Des bateaux à grands viviers apparaissent vers 1920, gréés en sloop ou en dundee, souvent armés par des mareyeurs, qui collectent les grands crustacés des homardiers et langoustiers. ILs disposent aussi d'un vivier dans leurs cales, qui leur confèrent des qualités de bons marcheurs grâce à ce lest liquide. 'L'Oiseau des Tempêtes' représente l'un des ces grands langoustiers de 18 m de quille. Pendant l'hiver, ces bateaux sont désarmés ou alors bouchent leur vivier et font le transport du charbon et des pommes de terre vers la Rance et le Havre.
A partir de 1930, la flottille va décliner à cause de la concurrence des ports de Bretagne Sud. Les marins loguiviens vont émigrer vers d'autres ports de la Manche. Ce phénomène va s'amplifier les années suivantes en alternance avec les nouvelles pêches (oursins, praires, araignées) et techniques de pêche (casiers, filets, dragues, lignes, cordes).
Les bateaux de pêche vont déserter le port de Loguivy-de-la-Mer pendant la guerre ou rester à quai. De nombreuses coques seront détruites par les soldats allemands, qui n'autorisaient que les petits bateaux non motorisés à naviguer de jour, avec un équipage exclusivement féminin, à la voile et aux avirons.
Après 1945, les marins-pêcheurs vont devoir orienter leur effort de pêche vers une pluriactivité de métiers, de la drague au chalutage côtier, des casiers aux filets, sans négliger les autres productions (praires, oursins, coquilles Saint-Jacques, araignées et homards). Certains de ces marins loguiviens vont s'embarquer dans les années 1950 à la grande pêche, à Terre-Neuve et aux îles Kerguelen pour pêcher la langouste à bord de navires industriels, ou encore dans la marine de commerce. Ceux qui restent, arment de façon coopérative (avec des quirataires) de nouveaux bateaux mixtes motorisés, comme l'ancien langoustier à voiles, le 'Tourmentin' des frères Riou. Ils pêchent les crustacés aux filets et aux casiers. Lorsque la pêche redevient florissante, les marins reviennent au pays et reprennent leur ancien métier.
La 'Stella' puis 'l'Ondine' de Jean Riou, le 'Zant Ivy" des frères Corfdir, le 'Zant Anna', 'Even mor', 'Kello Mad', la 'Scara', 'Grav Bihan' de Yves Bocher, le 'Loguivien', la 'Clothilde' (Le Gonnidec, Louis-Hervé, ancien patron) et 'Libenter', pour en citer quelques uns, représentent les derniers homardiers traditionnels mixtes (voiles et moteur) en bois du quartier de Paimpol, vers 1950-55. Les canots de 15 pieds comme la 'Fleur des eaux' de Jean Bocher et le 'bateau Grèbe' à Emile Riou, la série des 18 pieds, construits par Ernest Sibiril de Carantec, comme 'Saint-Louis II' à François Riou, la 'Brise' à José Riou, 'Adrien B' et 'On verra', terminent leur carrière avec 15 casiers à homards et 38 casiers à araignées. Ils rapportent 20 à 25 homards et 300 kg d'araignées à chaque marée sur le plateau de la Horaine. Ces canots creux font le goémon pendant l'hiver, parfois livré aux quais de Paimpol, où les attendent les attelages des cultivateurs. Les équipages font des 'battues' au mulet et au bar, à la senne, mettent des filets de barrage, dans le Trieux et la baie Blanche (sillon du Talbert).
Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, Il y avait aussi la 'Fauvette' du mareyeur Jean Oulhen, qui faisait le commerce des ormeaux, des langoustes et des bigorneaux. Le 'Paul Langevin', la 'Petite Laurence' de Charles Le Bideau, 'la Fleur des Ondes' de Michel Bocher prendront la suite exclusivement au moteur. Plus tard, à la fin du 20ème siècle, les bateaux de pêche vont évoluer avec des formes différentes de construction, en employant de nouveaux matériaux (polyester, aluminium, acier), vers des coques semi-planantes ou encore des coques plus massives et sur-motorisées. Les caseyeurs et les fileyeurs vont continuer la pêche aux crustacés (araignées, homards, tourteaux, langoustes) mais aussi se diversifier vers la drague à la coquille. En 1987, Les deux ports de Loguivy et de Pors Even comptabilisaient 82 bateaux de pêche d'une jauge brute d'environ 749 tonnes et 153 marins étaient embarqués à la pêche. Dix ans plus tard, ces chiffres étaient été divisés par deux pour la commune de Ploubazlanec. Aujourd'hui seulement 45 bateaux de pêche de Loguivy, de Pors Even et de Paimpol confortent et valorisent leur production halieutique, en limitant leurs quotas, en préservant une ressource en forte diminution et en labellisant leurs pêches ('homard des côtes bretonnes', 'bar de ligne', coquilles Saint-Jacques). Cependant, les coûts de production ont beaucoup augmenté et les pêcheurs subissent une forte pression pour rentabiliser leurs armements.
Les 68 marins du port de Loguivy ne partent plus vers l'Ile de Sein mais apprennent à mieux gérer localement leur pêcherie, c'est-à-dire leur territoire de pêche.

Bateaux de pêche dans le port de Loguivy : deux générations de bateaux


Documentation

Documents d'archives

Archives départementales des Côtes-d'Armor : S Suppl. 57. Liste nominative des bateaux de pêche armés au port de Loguivy en 1909.

Bibliographie

CADORET, Bernard, DUVIARD, Dominique, GUILLET, Jacques, KERISIT, Henry. Ar Vag, Voiles au travail en Bretagne atlantique. Grenoble : Edition des 4 seigneurs, 1979, p. .

CORFDIR, Augustine. Témoignage oral. Ploubazlanec, 27 octobre 2008, Témoignage oral.

CORFDIR, Louis. Témoignage sur la pêche à Loguivy-de-la-Mer entre 1950 et 1985. Ploubazlanec, 15 décembre 2008, Témoignage audio .

GOUT, Pierre, Jean Delanoy. Loguivy-de-la-Mer. Fiction, 20 mn, sonore, 35 mm, Paris, 1953.

LE FRIEC, Thérèse. Témoignage oral sur les femmes à la pêche, Loguivy-de-la-Mer, novembre 1998, Témoignage oral.

LE GUILLARD, Jean-Marie. Les pêches à Loguivy entre 1939 et 1982. Ploubazlanec, Loguivy-de-la-Mer, 15 décembre 2008, Témoignage audio.

PALLIER, Yveline. La mer et les Jours. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, mai-octobre 1992. Saint-Brieuc : Presses Bretonnes, 1992.
L'épopée des Loguiviens, p. 119.

PRIGENT, Guy. Gréements des Côtes d'Armor, La mer et les Jours. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, mai-octobre 1992. Saint-Brieuc : Presses Bretonnes, 1992, p. 146.

PRIGENT, Guy, LEVASSEUR, Olivier. Faudacq. Rennes : Apogée, 2003, p. .



Annexes

  1. Témoigne oral de Roger Le Bellec, marin pêcheur de Loguivy (extrait de l'entretien avec Roger Le Bellec, octobre 2008)

    La grand-mère Marie-Joseph Le Bellec, née Calvez, était née à l'Ile de Sein, comme nombre de Loguiviens et de Loguiviennes, dont les familles étaient parties rejoindre les pêcheurs sur cette île à partir du milieu du 19ème siècle. Le grand-père de Roger, Jean Le Bellec et son frère Joseph-Marie (né en 1876), pilote de Loguivy, allaient ensemble mener les goélettes au port de Tréguier au début du 20ème siècle.

    Les premiers bateaux de la famille Le Bellec avaient pour noms : 'Reder Mor', armé entre à la petite pêche entre 1917 et 1927, le 'Jean et Marie', armé aux casiers et au pilotage en 1916.

    Louis Le Bellec, né en 1904, est décédé en 1987 après 60 ans de navigation. Il a navigué sur le 'Pierre-Adolphe', 'L'Avenir' (son premier bateau), le Saint-Louis' et la 'Cathy'.
    La famille le Bellec avait ses coins de pêche du côté des Héaux de Bréhat.

    Roger le Bellec, fils de Louis Le Bellec, est né à Loguiy de 24 septembre 1936. Il a embarqué la première fois sur le bateau de pêche de son père le 'Pierre-Adolphe', le 11 juillet 1952, avec un second matelot Fanch Vidament. Ce canot creux de 18 pieds, gréé en sloop, était l'ancien bateau de passage de l'Ile-de-Batz pendant la guerre. Les pêches pratiquées à la voile ou au moteur étaient les casiers à homards aux araignées, les palangres à congres et à lieus. En 1953, Roger a embarqué sur le 16 pieds de Le Hégarrat 'Breiz Izel', gréé avec une petite misaine. Il fait aussi deux voyages en Angleterre en 1956 à bord du 'Tourmentin' de Jean Riou.

    Entre temps, Roger s'était engagé comme novice (à partir de 1953) auprès de la SAPMER, comme nombre d'autres Loguiviens (Louis Le Bellec (son frère), Pierre et Roger Riou, Jean Denis, Jean Bocher, Toussaint Calvez, Ange Le Bars) pour pêcher les langoustes aux îles Kerguelen. Les voyages duraient six mois. Après chaque embarquement, les marins enrôlaient à la petite pêche. En 1962, Roger pratiquait la drague aux praires dans le Trieux, les oursins au faubert ('radasse', filet de chalut lesté) au large de Lostpic, à bord du 'Saint-Louis', un canot de 16 pieds, motorisé et les raies aux palangres, à bord de la 'Cathy' en 1970. Il mettait aussi des filets de pose l'hiver 'à la battue' dans la baie Blanche, à l'Est du sillon de Talbert et à Bréhat. Après cette période de pêche au long cours d'une quinzaine d'années, Roger est retourné à la pêche côtière, comme matelot avec son père puis comme patron. Le premier bateau de Roger Le Bellec était un 13 pieds 'L'Avenir', qui embarquait 25 casiers, levés à la main, puis ce fut 'Les Héaux', une construction neuve du chantier Daniel de Paimpol, vers 1970. Roger a arrêté la navigation professionnelle en 1988.


  2. Extrait du témoigne oral de Toussaint Riou (synthèse d'après Guy Prigent)

    Toussaint Riou est le fils de Edouard Riou (1897-1987) et le petit-fils de Guillaume Riou né en 1855. Guillaume Riou était le patron du langoustier 'Louise-Marianne', photographié en 1911 à l'Île de Sein, pendant une campagne de pêche. A cause de la crise de 1929, nombre de Loguiviens ont quitté le pays pour trouver du travail dans d'autres régions, à Paris mais aussi en Normandie, au Havre. Après avoir navigué sur les quatre bateaux de son père et à bord du 'Tourmentin' de son cousin François Riou, Edouard Riou est parti commander le bac de Quillebeuf. Par la suite, son fils Toussaint Riou est allé comme commandant du bateau-feu du havre, avant de revenir prendre sa retraite à Loguivy-de-la-Mer.


  3. Extrait du témoignage oral de Thérèse Le Friec

    Dés 1925-30, Thérèse Le Friec, fille de marin-pêcheur islandais, gagnait sa vie en allant régulièrement à la pêche dans les îles. Elle embarquait avec cinq autres femmes sur un canot de 9 pieds, appelé 'Le coq du village', dont le 'capitaine' et propriétaire était Majob Le Guen. Elle était la seule à posséder un rôle d'équipage, comme inscrit maritime. Ces femmes allaient pêcher toute l'année les praires, les ormeaux, les crevettes et les bigorneaux dans les îles de l'archipel de Bréhat, l´Ile Verte, Béniguet et Maudez. Il y a avait trois équipages à Loguivy qui armaient trois forts canots, manoeuvrés exclusivement aux avirons de nage, avec un aviron de godille, servant de gouvernail. Ces canots étaient appelés des 'bailles à pisse' (parce que les femmes pissaient dans le fond de la cale). Les praires étaient pêchées à la pioche avant l'utilisation du râteau. Le produit de la marée était vendu au mareyeur Oulhen.

    Les lançons étaient aussi recherchés dans les platiers sableux, pêchés à l´aide de petites faucilles, aux bords émoussés. ils étaient mis à sècher et fumer ensuite avec du bois d´ajonc dans les cheminées. Parmi ces équipes de 'pêcheuses à pied', Thérèse se rappelle de deux 'bordées', la première, du quartier de Roc'h Hir, avec Françoise Bocher, Marie Bellec (qui la remplacera ensuite), sa soeur Louise et ses filles (Germaine et Thérèse) et enfin Paulette Bellec.

    La 2ème équipe du quartier du Torot, comprenait 'Marjob' Le Guen, ses deux filles Marie et Mathilde, Célina, ainsi que Thérèse et Marie Le Friec. Il y a avit aussi Marie Bocher, Jeanne Quément, Marie Caous et Marie Biovir.

    Pendant la guerre 1939-45, les bateaux langoustiers étaient souvent cantonnés au port. Les femmes des pêcheurs étaient autorisées à sortir en mer, avec un permis. Après la guerre, Célina (veuve de marin) a continué à travailler avec son canot pour le mareyeur Oulhen.



    Témoignage oral - Thérèse Le Friec - novembre 1998 (43 Mo) : URL


  4. Les pêches côtières du quartier de Paimpol

    Le principal centre d´armement pour la pêche de la région du Trégor-Goëlo est le quartier de Paimpol avec ses ports de pêche de Loguivy, Bréhat, Plouézec, Pors Even ou Plouha. Comme dans le cas de la grande pêche, Paimpol connaît entre 1859 et 1885 un formidable essor de sa flotte de pêche côtière, qui passe de 206 à 340 unités. Cet armement va se faire en partie au détriment des activités de bornage et de cabotage. Les navires qui s´y consacrent font moins d´une dizaine de tonneaux et sont montés par 3 à 7 hommes. Ils représentent un peu moins de 2 000 tonneaux de jauge et fournissent du travail à près de 1 100 marins. Cette hausse des armements va se poursuivre sans discontinuer jusqu´en 1905 tandis que l´on atteint 477 armements cette année-là. Le début de la guerre précipitera un déclin déjà amorcé en 1910. En 1916, le quartier ne compte plus que 161 bateaux. Les pêches côtières s´exercent toute l´année, mais connaissent un pic d´activité entre juillet et septembre. Elles se pratiquent essentiellement à l´aide de casiers, de filets dormants ou trémails, de sennes, de lignes à la main ou de fond. Le chalutage est alors presque inconnu.

    Ces navires se consacrent surtout à la pêche du poisson dans une zone qui n´excède qu´exceptionnellement la limite des 50 milles réglementaires depuis le rivage. Les espèces pêchées sont les congres, les raies, les chiens de mer, les roussettes, divers poissons plats, les rougets, les mulets et surtout les maquereaux, divers crustacés (crabes, crevettes mais aussi homards et langoustes), ainsi que divers coquillages (palourdes, praires, moules, bigorneaux et huîtres). La pêche des maquereaux est l´une des principales pêches saisonnières, elle est pratiquée à Paimpol et à Loguivy. Dans le dernier quart du 19ème siècle, elle rapporte environ 60 à 80 000 F par an aux seuls pêcheurs de Paimpol, mais les navires déchargent à Roscoff, Saint-Malo, Granville ou Cherbourg. Le produit de la pêche est envoyé à Paris. La pêche des crustacés est surtout la spécialité du port de Loguivy-de-la-Mer. Dans les années 1880, les Loguiviens sont les principaux pêcheurs de homards et de langoustes de la côte septentrionale de la Bretagne. Ils utilisent des petits sloops d´environ 5 mètres qu´ils dotent de viviers afin d´assurer une commercialisation optimale des produits. Au printemps, une flottille d´une vingtaine d´unités se rend à l´île de Sein avec les familles des pêcheurs, qui s´y installent jusqu´à l´automne. La flottille rejoint alors les bords du Trieux pour se consacrer à la pêche sur le plateau des Roches-Douvres. En 1914, ce sont environ 130 navires qui sont encore armés dans ce port pour ce type de pêche.

    Bien que très diversifiée, cette production ne suffisait pas pour autant au ravitaillement du marché local qui devait importer diverses espèces. L´essentiel de la production des pêches côtières était en effet exporté vers les grands centres urbains, et en particulier Paris, Nantes, Bordeaux, voire l´étranger.


  5. De 1859 à 1885, dans le quartier de Paimpol, la petite pêche va se développer considérablement parallèlement à la grande pêche, pour doubler ses effectifs, passant de 206 unités de petit tonnage (de 1 à 10 tonneaux) à 340 bâtiments, et procurant du travail à plus de 1000 marins, s´adonnant à cette activité non loin de leurs côtes. Ils rapportent du poisson frais, des coquillages, et notamment des huîtres. La pêche à pied et la pêche côtière fournissent des revenus très corrects aux populations locales de cette époque. Les marins pêcheurs pratiquent aussi les lignes à congres en Manche, dont ils utilisent la peau pour fabriquer une colle très prisée. Leurs bateaux homardiers à vivier échouent dans le fond du port, entre deux cales et un modeste quai. Des chaloupes gréées en lougre, avec misaine et taillevent, pratiquent toujours la petite pêche en complément du goémon, livré à l´usine de Peubian.




Illustrations

Doc. 1
Dessin, gravure de Louis Marie Faudacq : homardiers et lougres goémoniers de Loguivy (collection particulière)
Doc. 2
Dessin aquarellé de Louis-Marie Faudacq : scène de débarquement d'un canot de pêche, armé par des femmes au port de Loguivy-de-la-Mer, fin 19ème siècle (collection particulière)
Doc. 3
Vue des canots misainiers à tape-cul, près de la petite cale Ouest, début 20ème siècle à Loguivy (carte postale, collection particulière)
Doc. 4
Vue des canots misainiers à tape-cul, caractéristiques des voiliers de travail de la 1ère moitié du 20ème siècle à Loguivy (carte postale, collection particulière)
Doc. 5
Grands langoustiers dans le port de Loguivy au début du 20ème siècle : remarquer les voûtes à 'culs de poule', les étraves pincées et les hauts francs bords (carte postale, collection particulière)
Doc. 6
Différents types de bateaux de pêche dans le port de Loguivy au début du 20ème siècle (carte postale, collection particulière)
Doc. 7
Les bocqs homardiers de Loguivy à l'échouage vers 1920 : remarquer la similitude de coque avec 'Enez Koalen' (collection particulière)
Doc. 8
Les homardiers de Loguivy à l'échouage vers 1910-20 : remarquer les bateaux creux ou demi-pontés, les étraves droites et pincées, les coques volumineuses (collection particulière)
Doc. 9
Dorig Morvan, ancien marin pêcheur et pilote du port de Loguivy, début 20ème siècle : remarquer le vêtement et le port des sabots (carte postale, collection particulière)
Doc. 10
Marins de Loguivy au début du 20ème siècle : aujourd'hui, les vieux marins sont absents du port (carte postale, collection particulière)
Doc. 11
Dorig Morvan, ancien marin pêcheur et pilote du port de Loguivy, début 20ème siècle (carte postale, collection particulière)
Doc. 12
Jean-François et Guillaume Corfdir, à bord de l'annexe du langoustier de 14 m 'l'Eclair', vers 1920 (collection particulière)
Doc. 13
L'équipage du langoustier 'Paul-Yvonne' de la famille Le Bellec et Madame Gerbier, armateur, vers 1920 (collection particulière)
Doc. 14
L'équipage du langoustier 'Paul-Yvonne' de la famille Le Bellec et Louis Corfdir, vers 1920 (collection particulière)
Doc. 15
Equipage à terre du langoustier 'Paul-Yvonne' dont Le Bellec et Corfdir (collection particulière)
Doc. 16
Extrait du facsicule de Pêche de Jean Le Bellec, patron du langoustier 'Paul-Yvonne', 1936 (collection particulière)
Doc. 17
Marins loguiviens, dont Louis Riou et Yves Le Guen, en train de réparer des filets, 2ème quart 20ème siècle (collection particulière)
Doc. 18
Pardon de Saint-Yvy en 1948 : remarquer les langoustiers dans le port de Loguivy (collection particulière)
Doc. 19
Les langoustiers dans le port de Loguivy, vers 1950 (collection particulière)
Doc. 20
Escale à Loguivy de l'équipage loguivien du navire océanographique de l'ORSTOM, le 'Vauban', avant le départ pour Madagascar, novembre 1965 (Ouest-France, collection particulière)
Doc. 21
Equipage familial Corfdir à bord du canot de pêche de 12 pieds le 'Jean', vers 1950 (carte postale, collection particulière)
Doc. 22
L'épave de la 'Confiance', un des derniers langoustiers de Loguivy, vers 1950 (carte postale, collection particulière)
Doc. 23
Yves Le Guillard, vieux marin de Loguivy en 1989 (photo de Noël Blin collection particulière)
Doc. 24
Liste des bateaux de pêche armés à Loguivy en 1909 (AD 22)
Doc. 25
Liste des bateaux de pêche armés à Loguivy en 1909 : récapitulatif (AD 22)
Doc. 26
Liste des bateaux de pêche armés à Loguivy en 1909 (AD 22)
Doc. 27
Enquête de la classe de CM1-CM2 de l'école publique de Loguivy-de-la-Mer, 1992 : le rapport de la pêche entre 1893 et 1905 (Musée 'Mémoire d'Islande)
Doc. 28
Bateau de transport et de pêche des langoustes entre l'Angleterre et le port de Loguivy, vers 1960-70 (carte postale, collection particulière)
Doc. 29
Caseyeurs de Loguivy à l'échouage vers 1960-70 (carte postale, collection particulière)
Doc. 30
Caseyeurs de Loguivy vers 1960-70 : remarquer l'utilisation casiers 'camarétois' (carte postale, collection particulière)
Doc. 31
le 'Grav Bihan', langoustier motorisé de Loguivy, vers 1960-70 (carte postale, collection particulière)
Doc. 32
Caseyeurs polyvalents vers 1980 dans le port de Loguivy (carte postale, collection particulière)
Doc. 33
'Woas Wen', canot creux construit par le chantier marie de Paimpol en 1960, dans le port de Loguivy, vers 1980 (carte postale, collection particulière)
Doc. 34
Canot creux de pêche vers 1980 dans le port de Loguivy (carte postale, collection particulière)
Fig. 35
L'un des des derniers langoustiers du quartier de Paimpol : le 'Paul Langevin', au début des années 1980
Fig. 36
Vue d'un ancien canot de pêche plaisance dans le port de Loguivy
Fig. 37
Bateau de pêche polyvalent (dragues, casiers), ponté des années 1960-70, avec cabine à l'avant : 'Kity Ween' (7 m de coque)
Fig. 38
Vue des formes larges du tableau et deu maître bau de ce bateau de pêche polyvalent : remarquer la rablure droite, gage de solidité
Fig. 39
Vue des formes tonturées de ce canot de pêche large et avec peu de tirant d'eau pour l'échouage
Fig. 40
Vue du 'Woas Wen' de Yvon et Joel Hégarrat, canot de pêche creux, de 4 m de long, construction Marie, 1960
Fig. 41
Canot de pêche creux, de 4 m de long, polyvalent, lignes, filets et casiers des années 1950-60
Fig. 42
Canot de pêche, misainier dans le port de Loguivy
Fig. 43
Bateaux de pêche dans le port de Loguivy : deux générations de bateaux

Voir

Ploubazlanec, Présentation de la commune de Ploubazlanec
Ploubazlanec, Port de Loguivy-de-la-Mer, Bateau de pêche aux casiers : 'Lancinette'

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)