(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Bréhat (île de), Paon (Le)

Phare du Paon

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2008

Désignation

Dénomination : phare

Compléments de localisation

Numéro INSEE de la commune : 22016
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Paimpol
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : Le premier fanal du Paon a été édifié en 1860. Il balise le dangereux passage du plateau de la Horaine, situé à quatre milles dans le Nord-Est de l'île de Bréhat et à 12 milles au Sud du plateau des Roches-Douvres. Le signalement in situ de l'écueil de la Horaine aurait permis d'éviter de passer par les Roches-Douvres pour aller de Paimpol à Saint-Malo et Granville. Cependant le projet n'eut pas de suite au cours du 19ème siècle en raison de la difficulté du site.
En 1853 la Commission des Phares adopta l'installation de secteurs dans le phare des Héaux de Bréhat et l'établissement de deux feux de 4ème ordre placés à terre sur l'Île de Bréhat et formant alignement. Le projet de construction des ouvrages à exécuter pour les deux feux du Rosédo et du Paon fut approuvé le 21 mars 1855. Il s'agissait de construire, pour le fanal du Paon, une tourelle carrée supportant la lanterne accolée à un logement de gardien. Originellement, le feu du Paon était un feu fixe rouge et servait uniquement avec celui du Rosédo à donner un alignement passant sur le plateau de la Horaine. Lors du projet de l'éclairage de la baie de Paimpol, dans les années 1880, on décida d'installer un secteur de lumière blanche au fanal du Paon, éclairant dans la section du Sud-Est. Les navigateurs venant du large pouvaient entrer dans les eaux saines de ce secteur et trouver le feu de Porz Don. Les travaux furent réalisés en partie en régie et en partie par l'entreprise Mahé entre1858 et 1860. Une annexe fut rajoutée en 1888 pour le confort des gardiens.
Au début de la seconde Guerre Mondiale, tous les feux du Département furent éteints sur l'ordre des autorités allemandes. Il avait été conclu verbalement qu'aucune dégradation ne serait réalisée dans les phares et feux français et que les gardiens y seraient maintenus sous la surveillance des soldats allemands afin d'éviter toute dégradation du matériel. L'armistice assura aux Ponts et Chaussées l'entretien et le fonctionnement des phares en mer. Cependant, en 1942, l'armée allemande exigea l'évacuation des gardiens français, dont celle de Aline Durand, gardienne du phare du Paon. En août 1944, le phare du Paon fut dynamité. Il fut reconstruit en 1948 dans le cadre du programme national de reconstruction des phares et balises. En 1945, un feu provisoire fut installé sur la plate-forme. L'étude fut confiée à l'ingénieur Auffret de Saint-Malo, avec des consignes sur l'esthétique du nouveau fanal.
Les travaux furent réalisés par la société d'Entreprises Industrielles, Chamayou. L'appareil d'éclairage fonctionna dés le mois de septembre 1948. L'ancien feu, alimenté par une lampe à pétrole à deux mèches, fut électrifié avec une ligne souterraine et automatisé, sans gardiennage.
Datation(s) principale(s) : 3e quart 19e siècle ; 2e quart 20e siècle
Date(s) : 1860 ; 1948
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : Le phare du Paon est situé à l'extrémité de la pointe Nord de l'île de Bréhat, sur le promontoire rocheux du Paon. Il est relié à la terre par une chaussée et un escalier en granite et ciment, puis une sorte de rampe de 9 mètres de long, équipée d'un parapet (récemment restauré après les dernières tempêtes). L'édifice se situe dans un site classé. Le fanal est établi sur une plate-forme dallée, épousant les formes du rocher, d'où le visiteur peut jouir d'une vue panoramique sur la côte déchiquetée, le gouffre et les rochers de granite rose, composant le paysage environnant. Le fanal est distant d'environ 1600 mètres du phare du Rosédo, avec lequel il forme un alignement.
Le nouvel édifice, reconstruit en maçonnerie ordinaire à l'emplacement de l'ancienne maison-phare, est établi sur l'ancienne terrasse en galets maçonnés, restaurée à cet effet. La tour, haute de 11, 70 mètres, est de forme quadrangulaire surmontée d'une petite plate-forme supérieure, destinée à supporter un appareil d'éclairage constitué par une lanterne à entretien extérieur. Le bâtiment est composé à sa base par une petite pièce rectangulaire constituée par le débordement des murs latéraux de la tour. Cette pièce, ouverte au Sud par l'entrée principale, donne accès à un escalier en spirale contenu dans le fût proprement dit de la tour, permettant de monter à un balcon extérieur (haut de 6, 80 mètres, large de 1 mètre et long de 3, 40 mètres), bordé d'un petit parapet. Un escalier en béton donne ensuite accès à la plate-forme supérieure, dalle de béton armée formée d'un rectangle de 3, 70 mètres prolongé par un arc de cercle de 1, 85 mètre de rayon, débordant les murs. La chambre, se trouvant à la base de la tourelle, est éclairée par une fenêtre rectangulaire, pratiquée dans le mur latéral. L'intérieur de la tour est éclairée par trois fenêtres du côté Nord et une fenêtre du côté Sud.
La tourelle a été exécutée en maçonnerie avec enduit blanc au Nord et des pierres de granite rose au Sud, ainsi que pour les chaînes d'angle et les encadrements des ouvertures. Pour conserver le style néo breton de l'édifice, on a laissé sur la maçonnerie lisse quelques pierres saillantes en granit rose.
La hauteur du foyer au-dessus du niveau des plus hautes mers est de 22, 50 mètres.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; pierre de taille
Type de la couverture : terrasse
Etat de conservation : bon état

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Observations : Le phare du Paon mérite d'être signalé pour son architecture et sa situationn exceptionnelle.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de l'Etat

Vue générale


Documentation

Documents d'archives

Archives Nationales. F/14/19993. Phare du Paon.

Bibliographie

AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.



Annexes

  1. Descriptif de l'ancien fanal du Paon

    Le premier phare fut établi sur une roche isolée de 15 mètres de hauteur, accessible par une levée de galets (tombolo), qui fut déblayée pour construire une chaussée de 2 mètres de largeur sur 60 mètres de longueur, pour une hauteur variant entre 0, 40 et 1, 50 mètre. Un passage fut ouvert dans la masse rocheuse pour y établir d'abord une rampe, surmontée d'un parapet en granite, dirigée d'Est en Ouest, qui se trouvait en encorbellement à son extrémité la plus haute, puis un escalier perpendiculaire à cette rampe permettant d'atteindre le sommet du rocher.
    Le fanal fut construit au-dessus d'un plan horizontal après déroctage, plate-forme cimentée, entourée d'un parapet en granite rose.
    Ce premier fanal était identique à la maison-phare de Ploumanac'h.
    Il s'agissait d'une tourelle carrée surmontée d'une lanterne cylindrique avec un bâtiment d'habitation accolé, servant de logement au gardien. La tourelle carrée en maçonnerie était blanchie du côté de l'Est et contenait un vide cylindrique occupé par l'escalier d'accès à la lanterne. Elle était construite en saillie sur le pignon Est du corps de logis et était surmontée d'une balustrade. Un bâtiment annexe, situé dans l'Ouest de la plate-forme et servant de lieu d'aisance et de magasin aux huiles avait été construit en 1889.
    Le logement comprenait deux niveaux, un rez-de-chaussée et un grenier mansardé auquel on accédait par l'escalier contenu dans la tourelle. Le rez-de-chaussée était originellement composé d'une pièce principale servant de salle commune, donnant accès à la tourelle et deux autres pièces plus petites, servant de cuisine et de magasin aux huiles.
    La nouvelle construction de 1888, placée en appentis contre le pignon Ouest du bâtiment, inversa la distribution intérieure du logement. En démolissant les cloisons de la cuisine et du magasin, on établit de part et d'autre de l'entrée de la tourelle du feu deux pièces, dont l'une à usage de bureau. L'annexe servant de cuisine, de cellier et de buanderie. A l'étage se trouvait un grenier mansardé occupant toute la surface du logement. La couverture du toit à double pente était en zinc et en tôle ondulée sur les annexes.




Illustrations

Doc. 1
La maison- phare du Paon, vers 1860 (Capel, AD 22)
Doc. 2
Le premier phare du Paon, vers 1860 (Capel, AD 22)
Doc. 3
Le phare des Héaux de Bréhat, vers 1860 (Capel, AD 22)
Doc. 4
Plan d'ensemble du site d'implantation du phare, 1888 (AD 22)
Doc. 5
Plan d'ensemble des bâtiments existants en 1888 : projet de construction d'une annexe pour cellier et buanderie (AD 22)
Doc. 6
Plan de l'existant et du 1er étage, 1888 (AD 22)
Doc. 7
Plan : projet d'installation d'un magasin aux huiles : pignon Ouest, 1888 (AD 22)
Doc. 8
Plan : projet d'installation d'un magasin aux huiles : demi façade Sud, 1888 (AD 22)
Doc. 9
Plan calque du fanal du Paon : plan d'ensemble des bâtiments, 1888 (AD 22)
Doc. 10
Plan du fanal du Paon, 1888 (AD 22)
Doc. 11
Plan de l'étage et du pignon Ouest, projet de construction d'une annexe pour cellier et buanderie, 1888 (AD 22)
Doc. 12
Plan : projet de construction d'une annexe pour cellier et buanderie, demi façade Sud et annexe projetée, 1888 (AD 22)
Doc. 13
Plan, dessin  : projet d'installation d'un poulailler dans le jardin du phare en 1911 (AD 22)
Doc. 14
La maison-phare du Paon et ses annexes, 1er quart 20ème siècle, (Barat, AD 22)
Doc. 15
Le phare du Paon, 1er quart 20ème siècle annexes, cellier, buanderie, magasin aux huiles (Barat, AD 22)
Doc. 16
Registre d'inscription du phare du Paon pour l'année 1936 (Ponts et Chaussées, DDE 22, collection particulière)
Doc. 17
Registre d'inscription du phare du Paon pour l'année 1936 (Ponts et Chaussées, DDE 22, collection particulière)
Doc. 18
Registre d'inscription du phare du Paon (Ponts et Chaussées, DDE 22, collection particulière)
Doc. 19
Dessin au trait : le phare du Paon, reconstruit en 1948 (Fichou, Jean-Christophe, collection particulière)
Fig. 1
Vue aérienne du phare du Paon (DDE 22, Phare et Balises)
Fig. 2
Vue de l'escalier d'accès à la plate-forme du phare du Paon
Fig. 3
Vue de la rampe d'accès au phare du Paon
Fig. 4
Vue de la rampe d'accès au phare du Paon
Fig. 5
Vue du parapet de la rampe d'accès
Fig. 6
Vue panoramique sur la côte Nord-Est de Bréhat et l'Île Morbic
Fig. 7
Vue de la façade Nord de la tourelle avec son assise en pierre de taille
Fig. 8
Vue du dallage en galets de la plate-forme supportant l'édifice
Fig. 9
Vue de la plate-forme supérieure du fanal supportant l'appareil d'éclairage, avec la maçonnerie en pierre de taille
Fig. 10
Vue de la maçonnerie sur la façade Nord du phare
Fig. 11
Vue du phare du Paon, depuis l'Ouest
Fig. 12
Vue du raz du Paon
Fig. 13
Vue du phare depuis l'escalier
Fig. 14
Vue du gouffre légendaire du Paon
Fig. 15
Vue du gouffre légendaire du Paon
Fig. 16
Vue du phare dans son écrin de granite
Fig. 17
Vue du phare dans son environnement
Fig. 18
Vue générale

Voir

Bréhat (île de), Présentation de la commune de Bréhat
Bréhat (île de), Les phares, amers et balises

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire du patrimoine culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)