Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Erquy, Pointe d'Erquy (la)

Corps de garde

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2005

Désignation

Dénomination : corps de garde
Appellation et titre : Corps de garde des Trois-Pierres

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1785 A 606 ; 1810 A 3 ; 1987 A ; non cadastré ; domaine public
Numéro INSEE de la commune : 22054
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : Ancien corps de garde avec tour de guet, datant de 1744, en partie restaurée (1987-1992). La guerre de Sept Ans amena une remise en état de la défense des côtes. Pendant les années de tension qui la précédèrent, les Etats de Bretagne, à qui incombaient la construction, l'entretien des batteries et corps de garde, chargèrent un ingénieur, le chevalier de Lescouët, de visiter les côtes. Il fut élaboré en 1744 un projet de construction type de corps de garde, avec un bâti en maçonnerie une voûte et une poudrière séparée de la chambre. C'est à cette date que furent probablement construits les trois corps de garde d'Erquy, qui correspondent sans grandes différences à l'archétype proposé : à la Bouche, au-dessus de la batterie, à Lanruen et aux Trois Pierres. Le bâtiment fut agrandie pendant la Révolution.
Datation(s) principale(s) : 2e quart 18e siècle
Date(s) : 1744
Justification de la datation : daté par source

Description

Commentaire descriptif : Petite bâtisse de plan rectangulaire, en grès rose d'Erquy. La porte d'entrée est située au sud de l'édifice, la meurtrière au nord, la cheminée à l'ouest avec saillie extérieure. Le couvrement est en encorbellement. Dimensions : longueur, 6 mètres, largeur, 3 mètres, hauteur, 3 mètres.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : granite ; grès
Matériau(x) de couverture : schiste en couverture
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Type de la couverture : toit à deux pans
Dimensions : 600 l ; 300 la ; 300 h
Etat de conservation : restauré

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à étudier
Observations : Ce bâtiment mériterait une restauration complète pour être intégrer à un circuit d'interprétation des édifices de défense littorale.

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Vue générale du corps de garde des Trois Pierres (pointe d'Erquy)


Documentation

Documents d'archives

AD Côtes-d'Armor : Plan terrier du Penthièvre, 1785, 1 E 494.

Mairie d'Erquy. Cadastre 1846.

Bibliographie

SALLIER DUPIN (DE), Guy. La mer et la Révolution dans les Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1992, p. 126-135.



Annexes

  1. Les défenses côtières d'Erquy

    La rade d'Erquy est protégée depuis 1747 par deux batteries placées à la pointe du cap d'Erquy. Le voeu de réalisation d'une échaussée dans la rade d'Erquy fut présenté par la paroisse aux Etats de Bretagne en 1768, fut renouvelé après l'avènement de la République avec un rapport favorable de l'ingénieur des Ponts et Chaussées. Cependant, il fallut attendre 1830 avant que l'Etat ne s'intéresse à cet abri naturel (des vents de nord-nord-est) en finançant la construction d'une première jetée, alors que Bréhat et Portrieux avaient déjà obtenu des crédits pour leurs aménagements portuaires (AD 22, 5 L 4).

    En mars 1793, Erquy possèdait trois batteries : deux à la pointe pour protéger le port et une à la Bouche (port de Saint-Michel et "plaine du Minieu" aux Sables d'Or). La première était située dans le petit bois de pins qui domine le camping actuel.

    Le corps de garde et la poudrière de la Bouche exigeaient peu de réparations, mais ceux de la Pointe étaient en mauvais état. Ils furent meublés, mais le corps de garde de la Pointe s'avèra trop exigu pour loger 15 hommes comme cela était prévu. Son agrandissement s'imposait ainsi qu'un petit logement, attenant au pignon opposé de la poudrière, pour abriter six hommes. Cet ajout fut réalisé par les canonniers eux-mêmes, parmi lesquels se trouvaient deux maçons. Cette disposition est encore visible. Le local, en partie restaurée en 1987, est probablement celui de 1793 ; la poudrière a disparu, mais on voit encore l'échancrure de la double porte ; puis le logement construit en 1793, mais complètement en ruines. Des guérites en bois seront aussi construites entre les corps de garde pour abriter les sentinelles dans leurs tournées. La guérite de la pointe n'existe plus.

    Synthèse d'après le texte de Guy de Sallier Dupin "La guerre et la Révolution dans les Côtes-du-Nord", 1992, p 126-134.


  2. Abris douaniers

    Selon A. Viellerobe, en 1975, on pouvait encore observer à la pointe d'Erquy, à l'aplomb de la falaise, "sur le chemin douanier qui serpente le long de la côte, un ancien édicule dit "des Quatre vents", en forme de croix vers la mer et de croissant à l'opposé, en ruines, formant un amas de pierres. Il permettait aux douaniers de s'abriter pendant leurs rondes. Sa partie concave semblait avoir été construite sur des substructures plus anciennes, vestige de poste de guet". Tout au long du sentier qui longe le cap d'Erquy vers Le Guen, on retrouve des amas de pierres identiques (Lourtuais), qui seraient d'anciens abris de douaniers.




Illustrations

Fig. 1
Plan Terrier du duché de Penthièvre 1785 : corps de garde ( A 606), fort de la Chambre avec canons (A 604)
Fig. 2
Défenses côtières de la côte ouest d''Erquy : fort de la rade, corps de garde et grand fort (extrait du cadastre, 1810 A 3)
Fig. 3
Extrait du cadastre, 1846 : corps de garde de la pointe, batterie et défenses côtières (mairie d'Erquy)
Fig. 4
Vue générale du corps de garde des Trois Pierres (pointe d'Erquy)
Fig. 5
La route qui mène à la pointe d'Erquy et au corps de garde par la garenne
Fig. 6
Façade sud du corps de garde avec l'ancienne poudrière
Fig. 7
Façade est du corps de garde
Fig. 8
Façade ouest du corps de garde
Fig. 9
vue du pignon ouest du corps de garde (cheminée)
Fig. 10
Intérieur voûté du corps de garde

Voir

Erquy, Présentation de la commune d'Erquy
Erquy, Vallée Denis (la) ; Heussaye (la) ; Saint-Pabu, Corps de garde, blockhaus et sémaphore sur la commune d'Erquy

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2005. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)