Inventaire général du patrimoine culturel
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Etables-sur-Mer, Godelins (les)

Front de mer : plage ou grève des Godelins

Type de dossier : ensemble Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : front de mer

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2004 AC non cadastré ; domaine public maritime
Numéro INSEE de la commune : 22055
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Etables-sur-Mer
Milieu d'implantation : en écart

Historique

Commentaire historique : La plage des Godelins et le front de mer ont été aménagés entre le 4ème quart du 19ème siècle et le 1er quart du 20ème siècle : la jetée Legris (à l'ouest), la rotonde en 1925, la Pointe Victoria (à l'est), les bains chauds privés, le quai (daté de 1900 et vendu à la commune en 1963) et la rampe communale, les cabines de bains, le plongeoir, les escaliers dans la falaise. Les aménagements plus récents du front de mer : le quai Legris, le mur de soutènement, le perré (1981), les cabines de bains en béton de l'architecte Hauvespre, le parking et la promenade, ont été réalisés à la fin du 20ème siècle.
En mars 1898, l'ancien maire Paul Ruellan et le maire en fonction, Jean-Marie Heurtel, se livrent une guerre par lettres interposées. Le premier s'oppose vigoureusement au projet de construction d'une route qui permettrait de relier la plage des Godelins au bourg d'Etables. Le second, quant à lui, défend cette idée qui, selon ses calculs, est indispensable au développement de la station balnéaire.
La Pointe Victoria avait été aménagée par Legris pour son épouse (murs de soutènement et plateforme recevant un bâtiment d'agrément) ; elle a été occupée par une canonnière allemande pendant la seconde guerre, puis explosée, avant que le mur soit refait par la Mairie. Le site est aujourd'hui désaffecté. En date du 14 mars 1899, Le Bars, entrepreneur à Saint-Quay, obtient l'autorisation de jeter dans la grève des Godelins, l'excédent des déblais provenant des terrassements du chemin vicinal ordinaire n°2 qu'il construit dans la commune d'Etables et qui passe par le bord de mer. Au bout de ce chemin, une rampe fut construite à la même époque par la commune pour faciliter l'accès à la plage.Des bancs sont installés le long du sentier.
Le 16 juin 1928, le projet de rotonde en bas de la route des Godelins est présenté et retenu pour faciliter la circulation automobile. Sa forme actuelle résulte des modifications apportées entre 1980 et 1982. Il faut rappeler qu'une taxe de séjour fut mise en place en 1930 pour améliorer les équipements publics utiles aux touristes.
En 1948-49, un terrain vague, compris entre la route et la falaise, en face de l'ancien hôtel Bellevue, fut aménagé en parking, à l'initiative de M. camard, maire, après acquisition des terrains appartenant aux consorts Mahéas et Legris. En 1963, le quai privé des cabines de bain fut intégré au domaine communal. La construction de la nouvelle nationale 786 (devenue chemin départemental par la suite), en 1956, transforma la physionomie de la descente de la plage des Godelins : le pont qui s'appuie sur un énorme remblai a détruit la perspective qu'il y avait sur la mer et les îles Saint-Quay, en supprimant l'ancien pont de la Colombière. Des parking furent aménagés de part et d'autre du pont par M. Nectar (1907-1998), maire, après la création de la déviation. Le calvaire, offert par Legris fut déplacé et l'élargissement du goulet au pignon de la colonie de vacances de Fontenay aux Roses, fut entrepris.
Monsieur de Kersaint-Gilly, dès son élection en qualité de Maire en 1971, fit ouvrir - malgré les réticences de l'ingénieur TPE de l'époque - la rocade qui relit le C.D. 786 au boulevard Legris en contournant le 'Tertre Vert" afin de créer une nouvelle pénétrante au centre d'Etables-sur-Mer, en passant sous le pont. Depuis le lancement par Legris de la Plage des Godelins, les conseils municipaux qui se sont succédés, ont envisagé bien des projets pour améliorer l'accès à la plage dont la difficulté reste un handicap à son développement. Les plans d'aménagement de la commune et les projets d'urbanisme qui ont été élaborés font état de ces différents projets.
Datation(s) principale(s) : 4e quart 19e siècle ; 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle

Description

Commentaire descriptif : La grève des Godelins mesure environ 400 mètres de long avec quai, cabines de bains et escaliers. Une largeur de 20 mètres est réservée à la circulation et au commerce des sables. Aujourd'hui, le site entièrement réaménagé offre un quai en continu, un mur de soutènement, plusieurs cales, rampes et descentes à la plage. Toutefois, l'érosion de la falaise interdit la pratique des anciens escaliers privés qui descendaient à la plage depuis les villas.
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : remanié

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Vue générale
Dessin, plan : plage des Godelins en 1899 ; remarquer les cabines de bains en front de mer, les grottes, les bains chauds, la cabane de douaniers, les terrains constructibles Legris (AD 22)


Documentation

Documents d'archives

AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série S, Suppl. 201. Projet de jetée et de rampe, plages des Godelins, Etables, 1899.

Bibliographie

HOLLEY, Marie-Françoise. Etables-sur-Mer. Saint-Thonan : Edition Cloître, 2000, p. 179-207.



Annexes

  1. Les gardiens de plages
    Synthèse d'après les recherches de l'association "Etables entre terre et mer".

    Nous trouvons trace dans les archives du premier surveillant de bains, à la plage des Godelins, en 1911. Il s'agit de Ange Cheny. Extrait de la délibération du Conseil municipal du 19 novembre 1911 : "Le Conseil municipal vote une allocation de 20 F au sieur Cheny Ange pour la surveillance des bains sur la plage des Godelins pendant l'été 1911". Il touchera 50 F. en 1912 ainsi qu'en 1913.
    Après la guerre 1914-1918 s'est créé le syndicat des plages d'Etables qui devait être chargé de la surveillance des bains, l'entretien du canot de sauvetage et la police de la plage, la municipalité lui allouant une subvention, 200 F. en 1919 et 300 F. en 1920.
    Par un décret du 25 juin 1921, Etables est érigée en station de tourisme et peut ainsi percevoir la taxe de séjour. Cette taxe servira entre autres à financer la surveillance des bains et l'entretien du canot. Les surveillants de bains seront nommés par le Maire. C'étaient en général d'anciens marins connaissant bien la mer et la côte. Au début ils devaient surveiller les deux plages (Godelins et Moulin), puis après la guerre 1939-1945 il y aura un surveillant sur chaque plage. Le canot était un doris en bois, à rames, très lourd et le surveillant devait se faire aider pour mettre et sortir son bateau de l'eau. A partir de 1933, en plus du surveillant de bains, il y aura un surveillant des plages dont la fonction sera de veiller à la bonne tenue sur les plages et la propreté générale des installations balnéaires.
    En 1960, en raison des nouvelles réglementations concernant la sécurité sur les plages, la municipalité demande le concours de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons pour créer un poste de surveillant de bains qui sera confié à un agent des C.R.S. Un canot pneumatique à moteur (type "Zodiac") remplacera l'ancien canot en bois. Ce poste sera implanté à la plage des Godelins. En 1965, un second poste sera créé à la plage du Moulin avec achat d'un autre canot pneumatique.


  2. Liste non exhaustive des surveillants de bains et de plages
    Listé établie d'après les recherches de l'association "Etables entre terre et mer".

    Ange Cheny : années 1911,1912,1913 à la plage des Godelins
    Guillaume Philippe : nommé en 1926 garde champêtre auxiliaire spécialement chargé de la surveillance des plages.
    Léon Meunier : 1933, surveillant des deux plages
    Pierre Colin : 1934, surveillant des deux plages
    Pierre Lechanu : 1936, surveillant des deux plages
    Raymond Bourgeois : 1938, 1939, surveillant des deux plages
    Eugène Le Mortellec : 1946, surveillant de bains aux Godelins
    Albert Colin : 1946, surveillant de bains à la plage du Moulin,
    Auguste Bannaire : 1949 et 1950, surveillant de bains aux Godelins
    Marcelle Ramel : 1950, surveillante des plages
    Samuel Urvoy : 1949 et 1950, surveillant de bains à la plage du Moulin
    Eugène Barra : 1951, surveillant de bains à la plage des Godelins
    Toussaint Quehec : 1953, surveillant de bains à la plage des Godelins
    Jean Letouze : 1953, surveillant de bains à la plage du Moulin
    Jean-Baptiste Le Breton : 1953, surveillant des plages
    François Uonnais : 1954, surveillant de bains à la plage du Godelins
    Jean Le Touze : 1954, surveillant de bains à la plage du Moulin
    Louis Pignorel : 1955 et 1956, surveillant de bains à la plage des Godelins.


  3. Toponymie : histoire des rues d'Etables : "le quartier des Godelins"
    Synthèse d'après les recherches de l'association "Etables entre terre et mer"

    Monsieur Jérôme Camard qui a été maire d'Etables-sur-Mer, durant de longues années, racontait volontiers que lorsqu'il était gamin, il lui arrivait souvent de guider les "baigneurs" qui séjournaient chez ses parents notamment des Russes - pour les conduire à la "grève des Godelins". Cela se situait à la fin du siècle dernier et, en effet, à cette époque, il fallait "être du pays" pour se retrouver dans les chemins à charrettes, les servitudes de passage et les sentiers qui se perdaient dans les landes et les ajoncs dominant les hautes falaises du plateau des Godelins ; il fallait bien connaître les lieux pour repérer les brèches dans les ronciers qui aboutissaient aux rares sentiers étroits et escarpés serpentant à flanc de falaise et atteignant la grève ; encore fallait- il parfois avoir le pied quelque peu montagnard pour déjouer les pièges que constituaient les éboulis et les crevasses causés l'hiver par les fortes pluies de nord-est ou le travail de sape des flots lors des grandes marées..
    En ce temps là, pour aller de "sur le haut" bourg aux Godelins, on empruntait alors le chemin des Frênes (devenu rue Général Leclerc), le "Clos Collet", le "Bout du Clos", le "Vau Burel" où le chemin se perdait dans la nature. De "La ville Barré" on prenait le "Chemin des Douves" (devenu rue des Frères Heurtel), puis le "Chemin des Prêtres" qui aboutissait dans la lande aux abords du petit vallon où a été construit l'ancien Hôtel Bellevue (maintenant colonie de vacances de la ville de Fontenay-aux-Roses). Il y avait aussi la possibilité de prendre le passage Sainte-Anne (qui servait aussi d'exutoire à la mare appelée "les Pots" ; ce passage s'ouvrait alors sur un terrain vague dit le "Champ de Foire" alors bien connu des gamins du pays, où eurent lieu de mémorables batailles entre bandes rivales. C 'est sur ce terrain qu 'a été construite la caserne de gendarmerie transformée depuis peu en bureau de postes. Ce champ de foire jouxtait le "Clos Collet" et "le Bignot". De "La Cour", un chemin à charrettes prolongeait celui des "Villes-Robert" pour atteindre le "Chemin des Prêtres" ; autre solution : prendre le chemin qui existait déjà et qui prend naissance au pignon de l'hôtel de "La Terrasse" et qui a été baptisé, plus tard, rue "du Tertre Vert". Les habitants de la "Ville Gautier" se rendaient déjà aux Godelins en empruntant le sentier qui serpente sur le flanc la vallée des "Grouins" ou "Grouhins". Les escaliers du bas de la descente n'étaient-ils pas alors aménagés.
    Dans le sens transversal, les chemins étaient tout aussi rares et si peu praticables, à part ceux qui joignaient "les Douves" au "Bignot", d'une part (maintenant rue du "Clos Collet") et "le Chemin des Prêtres" au "Bout du Clos", d'autre part (appelé depuis rue Maréchal Foch). Mais qui se souvient du "Chemin du Tertre de 1'Aubois", au nom si poétique et qui a été absorbé par le nouveau CD 786 ?
    Pas de Chemins, pas de maisons ! Le plateau était nu à l'époque, non seulement de constructions mais aussi d'arbres. Les habitations restaient très en deçà de la falaise - sans doute par crainte des tempêtes ; nos anciens n'étaient pas entichés de vues imprenables sur la mer. Toujours sur ce plateau des Godelins (pris dans le sens large), les maisons les plus proches de la mer étaient celles situées en haut de la vallée des Grouins, tapies dans un repli de terrain, celles des "Douves" (rue des Frères Heurtel) et du "Clos Collet", la ferme du "Bout du Clos" en prolongement du manoir du Bignot (qui s'orthographie également "le Bigneau"), le village de "Sous le Bourg" et les trois ou quatre feux du "Point du Jour" qui constituaient comme une sorte d'îlot sur ce vaste plateau vide, où tout au loin, se détachait la Chapelle Notre Dame.




Illustrations

Doc. 1
Dessin, plan de la grève des Godelins : rampe projetée par la commune en 1899 et chemin vicinal en construction (AD 22)
Des. 2
Dessin, plan : plage des Godelins en 1899 ; remarquer les cabines de bains en front de mer, les grottes, les bains chauds, la cabane de douaniers, les terrains constructibles Legris (AD 22)
Fig. 3
Les falaises et les plages des Godelins (AD 22, Fonds Barat)
Fig. 4
Les premières villas et l'Hôtel Bellevue en haut des falaises des Godelins (AD 22, Fonds Barat)
Fig. 5
La plage des Godelins (AD 22, Fonds Barat)
Fig. 6
La plage des Godelins (AD 22, Fonds Barat)
Fig. 7
Le grand Hôtel Bellevue (propriété Mahéas) le jour de son inaugration, le 5 juin 1907 (collection particulière)
Fig. 8
La fête des grottes en 1907 : courses de chevaux (collection particulière)
Fig. 9
Extraction de sable à la plage des Godelins au début du 20ème siècle (collection particulière)
Fig. 10
La route aménagée par Legris qui mène aux Godelins vers 1910 (collection particuière)
Fig. 11
Etables-Les-Grottes, un jour de fête aux Godelins, vers 1910 (collection particuière)
Fig. 12
La plage des Godelins et les 1ères cabines de bains vers 1911 (collection particuière)
Fig. 13
Buvette et bains chauds à la plage des Godelins en 1911 (collection particuière)
Fig. 14
Procession au calvaire de la Piéta, au-dessus de la plage des Godelins, début 20ème siècle (AD 22, Fonds Barat)
Fig. 15
Cabines de bain privés et autres commodités pour la famille Legris à la Pointe Victoria, en 1923 (collection particuière)
Fig. 16
L'ancien pont de la Colombière, passé sous le CD 786 (collection particulière)
Fig. 17
La rotonde, réalisée en 1925 et la plage des Godelins dans les années 1960-1970 (collection particulière)
Fig. 18
La plage des Godelins dans les années 1960-70 : remarquer les cabines de bains et les rampes d'accès à la plage (collection particulière)
Fig. 19
L'enseignement des actvités physiques à la plage dans les années 1960-70 (collection particulière)
Fig. 20
La descente à la plage (Bd Legris) et la rotonde dans les années 1960-70 (collection particulière)
Fig. 21
Vue générale
Fig. 22
Vue générale de la grève des Godelins à marée basse : la platière
Fig. 23
Le panneau de situation de la plage des Godelins
Fig. 24
Vue générale du front de mer
Fig. 25
Vue du front de mer : parking, quai et mur de soutènement
Fig. 26
La villa Legris en haut de la falaise qui surplombe la plage des Godelins
Fig. 27
La Pointe Victoria
Fig. 28
La Pointe Victoria
Fig. 29
La falaise avec les anciens escaliers détruits par l'érosion
Fig. 30
Les falaises, les grottes et l'escalier Legris
Fig. 31
Au débouché du bd Legris : le commerce Jean Le gallais, construit en 1900 et refait en 1965, avec à côté l'escalier des Roches Brunes, à côté des anciens bains chauds
Fig. 32
La villa Les Roches Brunes en haut de la falaise
Fig. 33
Villa avec façade à pans de bois au-dessus de la plage des Godelins
Fig. 34
A l'est de la plage : le site de l'école de voile des Roches Brunes, la cale en béton, les nouvelles cabines de bains depuis le parking
Fig. 35
Le site de l'école de voile et des nouvelles cabines de bains depuis la rotonde
Fig. 36
Vue des aménagements récents : les cabines de bains et le mur de soutènement, le quai Legris, l'escalier dans la falaise
Fig. 37
Vue générale de la plage des Godelins à marée basse

Voir

Etables-sur-Mer, Présentation de la commune d'Etables-sur-Mer

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2007 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2007. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)