(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Penvénan, Saint-Gildas (île)

Écart : Île Saint-Gildas

Type de dossier : ensemble ; avec sous-dossier Date de l'enquête : 2008

Désignation

Dénomination : écart
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : maisons ; dépendances ; puits ; four à pain ; chapelle ; calvaire ; oratoire ; réservoir ; digue ; jetée

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2000 A 36
Numéro INSEE de la commune : 22166
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Tréguier
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : L'Île Saint-Gildas est conçue comme un avant poste protégeant Port-Blanc. Au 14ème siècle, l'île est la propriété du duc de Bretagne qui en fait don à son frère Guy. En 1312, les moines 'Hospitaliers', après la dissolution de l'ordre des Templiers, ont bénéficié de leurs biens ou "tenues" et ont pu s'installer provisoirement à Saint-Gildas. Au 15ème siècle, l'île est propriété du connétable de Richemont qui l'offre en 1454 aux Cordeliers, quittant les Sept îles. Le pape Nicolas V donne son assentiment, mais le connétable retire son offre et les Cordeliers s'installent à Plouguiel dans un couvent, dont les murs existent toujours. En 1682, l'île est rattachée au domaine royal. De 1454 à 1787, des aveux conservés aux Archives départementales des Côtes-d'Armor (E 1820), attestent que l'île Saint-Gildas appartient au fief de Guernaultier. Elle est vendue le 25 novembre 1787 à Monsieur Magdelain François Duportal de Goasmeur, dont la famille restera en possession de l'île jusqu'au début du 20ème siècle. En 1834, il ne reste dans l'île que quelques bâtiments dont la chapelle et l'oratoire. En 1948, le propriétaire Casimir Duportal de Goasmeur fait construire une écurie et une étable à l'usage de la métairie de l'île.
Entourée d'un enclos, la chapelle représente l'édifice le plus ancien de l'île. Elle pourrait remonter au 11ème siècle selon Couffon.
Le docteur Alexis Carrel (prix Nobel de médecine en 1912, 1873-1944) achète l'Île Saint-Gildas en 1919. Il restaure la chapelle. Puis il formule le projet d'un jumelage avec l'abbaye cistercienne de Boquen, à charge par Dom Alexis d'y assurer une présence spirituelle en y envoyant quelques moines. La guerre mondiale fit obstacle à son projet. Alexis Carrel meurt en 1944 et son nom est donné à une fondation, qui doit gérer l'île. Cette fondation privée sollicite alors les Petits Frères de Foucauld pour y installer leur noviciat, remplacé, après son transfert au Sahara, par une fraternité jusqu'en septembre 1966. Puis la fondation revient ensuite à son projet initial et prend contact avec Dom Bernard, prieur de Boquen. Celui-ci envoie quatre frères pour faire de l'île un lieu spirituel de rencontres.
On peut remarquer la présence de nombreux bâtiments et édicules sur l'île : habitations (19ème et 20ème siècle, chapelle, oratoire, calvaire, fontaine, puits, obélisque en forme de 'pain de sucre' (amer maritime) ainsi que la tombe d'Alexis Carrel. Une sculpture en granite rend aussi hommage à l'aviateur Charles Lindbergh, dont le premier message aérien tomba sur l'Île Saint-Gildas le 2 juillet 1937 pour annoncer son arrivée, après sa traversée de l'Atlantique.
Le pardon des chevaux, de tradition ancienne, a lieu le lundi de Pâques, sur l'Île Saint-Gildas, même si la date a pu aujourd'hui être modifié. Le dolmen de l'île saint Gildas était appelé le 'lit de saint Gildas'. Les pèlerins en grattaient la pierre et faisaient avaler la poussière à leurs enfants.
Datation(s) principale(s) : 14e siècle ; 15e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle ; 20e siècle

Description

Commentaire descriptif : L'Île Saint-Gildas a une superficie de 28 hectares 38. Elle est abritée et délimitée dans ses parties Nord et Sud par des cordons de galets, qui ménagent une réserve d'eau, endiguée, pouvant servir de pêcherie (à l'intérieur de l'île). On peut aussi remarquer un marais d'une surface d'environ 2 ha dans la partie Nord-Ouest de l'île. L'île est ceinturée par des murets littoraux de pierres sèches. Les habitations, en bon état, restaurée, avec leurs nombreuses dépendances sont situées à l'intérieur d'enclos, avec par endroits, de hauts murs maçonnés. L'île dispose d'une jetée au Sud et d'un petit barrage avec une retenue d'eau (20 mètres de longueur). Sur la carte marine du SHOM, l'étang ou pêcherie est appelé 'Stank Gweltaz', 'l'étang de saint Gildas', de même que la chaussée, 'Chaoser Gweltaz'. La tomponymi nautique a conservé les anciens toponymes associés à saint Gildas : 'Karreg ar Puns' ('Roche du puits'), 'Park Bras Gweltaz' (Grand Champ de saint Gildas'), 'Krec'h Meur Gweltaz' (Grand sommet de saint Gildas'), ainsi que les termes liés aux chevaux, comme ''Graou Gazeg' ('Sillon de la Jument'hevaux'). La c), 'Karreg ar C'hezeg' (Roche aux Chevaux'). La côte, bordant l'étang de l'île Saint-Gildas, s'appelle 'Park ar Forn Raz', le 'Champ du four à chaux' et l'échoauge au Sud de l'île, 'Porz Gweltaz', le 'port de saint Gildas'. L'amer blanc situé au Sud-Ouest de l'île est nommé 'Karreg an Tour Gwenn', la 'Roche de la Tour Blanche' avec le petit bois au Nord de la tour.

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : maison d'homme célèbre ; à signaler
Observations : L'île Saint-Gildas mérite d'être signalée pour son histoire religieuse, son environnement préservé et de qualité, la présence d'un homme célèbre, le docteur Alexis Carell et sa chapelle.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue générale de l'Île Saint-Gildas devant Port-Blanc


Documentation

Documents d'archives

Archives départementales des Côtes-d'Armor. E 1820. Aveux concernant l'île Saint-Gildas appartenant au fief de Guernaultier entre 1454 et 1789.

Documents figurés

AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/38, plans cadastraux parcellaires de 1834.

Bibliographie

CHOUTEAU, Nicole. Histoire de Penvénan. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1971. Dessins de Viviane Maillen, p. .

COUFFON. Répertoire des églises et chapelles. Saint-Brieuc : Société d'Emulation du département des Côtes du Nord, Tome XCIX, 1971, p. .

GIRAUDON, Daniel. Les pardons des chevaux aux chapelles en bretagne. In Les Hauts lieux du sacré en Bretagne. Brest : KLASK, revue du CRBC, n°6, 1997, pp. 1616180 .



Annexes

  1. Un habitant célèbre de l'Île Saint-Gildas : Alexis Carrel (1873 - 1944)
    Chirurgien et biologiste français (Sainte-Foy-lès-Lyon, 1873 - Paris, 1944).

    Alexis Carell s'établit aux États-Unis de 1905 à 1939. En 1912, il reçut le prix Nobel de physiologie et de médecine pour sa contribution à l'essor de la chirurgie vasculaire. Il développa une méthode de suture des vaisseaux et mit au point des techniques de culture, de conservation et de transplantation de tissus animaux. L'idéologie confusément eugéniste de la Fondation pour l'étude des problèmes humains, qu'il fonda en 1941, valut à son oeuvre d'être mise à l'index par le Comité national des écrivains en 1945. Philosophe et moraliste, il fut notamment l'auteur d'un ouvrage spiritualiste qui connut un énorme succès, 'l'Homme, cet inconnu' (1935), et de 'Réflexions sur la conduite de la vie posthume', (1950). Il acheta l'ile Saint Gildas ou il est inhumé, grâce à l'argent de son prix Nobel, obtenu en 1912.




Illustrations

Doc. 1
Extrait du cadastre de 1834, A 1ère feuille : Île Saint-Gildas et Île des Levrettes (AD 22)
Doc. 2
L'Île Saint-Gildas devant Port-Blanc, vers 1904-1908 (carte postale, AD 22)
Doc. 3
Les rochers de l'Île Saint-Gildas vers 1904-1908 (carte postale, AD 22)
Doc. 4
L'Île Saint-Gildas, 2ème quart 20ème siècle (Lacombe, AD 22)
Doc. 5
Extrait de la carte annotée par Nicole Chouteau en 1971, en préinventaire : remarquer la position de l'île Saint-Gildas (ADAGP, 1971)
Fig. 1
Vue générale de l'Île Saint-Gildas devant Port-Blanc
Fig. 2
Vue générale de l'Île Saint-Gildas
Fig. 3
Vue générale du bâti de l'Île dans sa partie Sud, protégée par un cordon de galets
Fig. 4
Vue du mur de ceinture qui encercle l'île
Fig. 5
Vue du cordon de galets au Sud de l'Île
Fig. 6
Epi rocheux et queue de comète au Sud-Est de l'île
Fig. 7
Vue de la partie boisée de l'île
Fig. 8
Chaos grantique et boisements au Nord de l'île
Fig. 9
Murets littoraux et boisements au Nord-Ouest de l'île
Fig. 10
Vue de la partie Nord de l'île : landes et rochers
Fig. 11
Sculpture à côté d'un rocher en hommage à Charles Lindbergh
Fig. 12
Cordons de galets et marais d'environ 2 ha au Nord de l'île
Fig. 13
Bâti abandonné, en ruines avec mur de refend dans le Nord de l'île
Fig. 14
Vue des murs extérieurs ceinturant la propriété bâtie
Fig. 15
Vue de la retenue d'eau avec la digue, ayant pu servir de 'réservoir à poissons', à l'Est de l'île
Fig. 16
Vue des murs de clôture séparant les parcelles, largeur : 3, 50 m et hauteur 2 m
Fig. 17
Vue de l'entrée de la propriété de l'île : remarquer la niche abritant une statuette, en haut de l'escalier
Fig. 18
Vue du bâtiment principal de plan rectangulaire avec un étage carré, sous comble
Fig. 19
Vue de l'un des bâtiments, avec un plan en L, au Sud de l'île qui pouvait servir de chambres pour les moines
Fig. 20
Vue de la seconde longère, faisant face au bâti précédent
Fig. 21
Aperçu des lucarnes de l'un des bâtiments de construction traditionnelle de l'île
Fig. 22
Vue d'un bâti secondaire abrité par un chaos granitique
Fig. 23
Vue d'un ancien four à pain accolé au pignon Nord de la chapelle
Fig. 24
Vue d'un bâtiment inséré dans un enclos, à proximité de la chapelle
Fig. 25
Vue de l'enclos avec les habitations secondaires, les appentis et le four à pain
Fig. 26
Vue des dépendances : remarquer les couvertures en lauze, les encadrements en briques des ouvertures en plein cintre
Fig. 27
Vue de l'anse au Sud-Est de l'île

Voir

Penvénan, Présentation de la commune de Penvénan
Penvénan, Saint-Gildas (île), Chapelle Saint-Gildas
Penvénan, Saint-Gildas (île), Jetée de l'Île Saint-Gildas
Penvénan, Saint-Gildas (île), Oratoire de l'île Saint-Gildas
Penvénan, Saint-Gildas (île), Puits de l'île Saint-Gildas
Penvénan, Réservoir : pêcherie de l'Île Saint-Gildas

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)