(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Penvénan

Port de Buguélès

Type de dossier : ensemble Date de l'enquête : 2008

Désignation

Dénomination : port
Appellation et titre : Portz Buguélès

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : Domaine Public Maritime
Numéro INSEE de la commune : 22166
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Tréguier
Milieu d'implantation : en écart

Historique

Commentaire historique : Le village et le port de Buguélès (Bugelez) se trouve à 1 mille (1, 8 km) dans l'Est de Port-Blanc, en entrant dans le 'Couriaut' (l'entrée de la baie de Pellinec). Cet ancien village de marins-pêcheurs, était très peuplé au 19ème siècle. Cet autre port de la commune pourrait désigner l'endroit où à séjourner la petite Gwen, c'est-à-dire Gwenan (la fille de Judael). Le terme 'Bugalez' peut aussi signifier les 'bugalets' ou 'chalands' militaires, transportant des munitions. Pors Buguélès est une presqu'île, appelée 'Île bilo' ou 'Bilou', qui signifie une 'flèche' ou encore une 'pointe découpée'. Elle était autrefois habitée par une même famille de marins pêcheurs et de charpentier : la famille Urvoy, dont Baptiste Urvoy, charpentier de marine (qui habita par la suite l'île Baëlannec). L'Île Bilo était cadastrée en 1834 (A62-63). La plus ancienne maison de l'île Bilo date de 1780 ; d'autres habitations en front de port sont datées de la fin du 19ème siècle. Porz Buguéles ne disposait jusqu'à une période récente d'ouvrage d'art. Les ouvrages portuaires de ce port sont de construction récente (2ème moitié 20ème siècle).
Datation(s) principale(s) : 19e siècle ; 3e quart 20e siècle ; 4e quart 20e siècle

Description

Commentaire descriptif : L'anse de Gouermel est séparée de l'anse de Pellinec par la pointe de Buguéles. Au Sud-Ouest de cette anse, se trouve l'anse des Roches Noires qui est à terre des îles aux Lierres et de Kergonet. Le port de Buguélès est une presqu'île au Sud de l'île des Genêts et de l'île Ozac'h, que contourne une chaussée construite dans les années 1970.
Le chenal qui conduit au Couriaut est profond jusqu'à l'île Nini ou Illiéoc (Thomassin, 1875, p. 304). Il assèche ensuite. Le port est situé à l'extrémité de l'ancienne île Bilo, protégé de la houle de Nord-Ouest par l'île Ozac'h et son cordon de galets. La cale du port mesure environ une cinquantaine de mètres de longueur et 4, 50 mètres de largeur. Elle est insubmersible et permet l'accostage des bateaux dès la mi-marée. Une plateforme prolonge la cale et sert de terre-plein et de parking.
Le port de Buguélès dispose de 140 places pour la plaisance dont 3 bouées visiteurs. Les services suivants : eau, électricité et commerces sont à proximité.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; ciment ; granite
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : bon état ; remanié

Intérêt de l'oeuvre

Oeuvre repérée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Le port d'échouage de Buguélès


Documentation

Documents figurés

AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/38, plans cadastraux parcellaires de 1834, p. .

Bibliographie

LEVASSEUR, Olivier. Les usages de la mer dans le Trégor au 18ème siècle. Rennes, thèse de 3ème cycle, (CRHISCO UPRES A-CNRS 6040), Centre de Recherches historiques sur les Sociétés et Cultures de l'Ouest, UHB, Rennes 2, juillet 2000.

THOMASSIN, Anastase. Le Pilote. Paris : 1875, p. 304.



Annexes

  1. La récolte du goémon sur la côte de Penvénan
    Texte rédigé d'après les recherches de Valentin Le Ralec, publié dans le bulletin municipal de Port-Blanc.
    La récolte du goémon de coupe est réglementée depuis le début du 19ème siècle par arrêté communal. Le début de campagne est généralement fixé à la Chandeleur pour se terminer le 19 mai à la Saint-Yves. Deux gardes-côtes sont nommés à buguéles et deux autres à Port-Blanc. L'affaire est importante pour la municipalité, qui facilite la récolte et le transport du goémon. Les demandes de crédit pour l'entretien des chemins ou la construction de nouvelles routes s'appuie presque toujours sur la nécessité de rendre l'accès des engins marins le plus commode aux cultivateurs. Ainsi en 1875, le conseil municipal souhaite et demande le prolongement de la route du Port-Blanc à Roc'h Laz attendu que c'est sur ce prolongement que se trouvent les dépôts d'engrais et d'amendements.
    En 1878, le conseil municipal insiste et demande le classement et l'entretien du chemin allant du bourg à Bruc pour accéder au dépôt d'engrais et amendements. L'amélioration du passage au lieu-dit 'Garrec an Avallo' ('Rocher des Pommiers') qui présente des dangers pour les personnes et attelages employés au transport des engrais marins.
    De 1825 à 1856, les arrêtés du conseil municipal réglementent cette récolte, dont 'Toute personne qui dans la grève aura émulonné du goémon de jet et n'en sera propriétaire que pendant 12 heures'. En 1882, les gardes-côtes ne sont plus qu'au nombre de deux, Yves Le Bitoux à Port-Blanc et Yves Capdevert à Buguélès. Des conflits pouvaient appraître entre les deux communes voisines de Penvénan et de Trévou, à propos du ruisseau qui sépare les deux communes entre Run gwas vian et Run gwas vras. Par décret du 26 avril 1882, le 2ème arrondissement maritime de Brest attrribue à Penvénan le droit de couper le goémon sur Run gwas vian.


  2. En 1834, le port de Port-Blanc embarque tous les ans par allèges une quantitié d'environ 500 à 600 tonneaux de blé, expédiés à Tréguier.
    Ce port était considéré à l'époque comme un point central pour la pêche des maquereaux avec un unique atelier de salaison.


  3. Descriptif du havre de Buguéles et de l'anse de Pellinec au 18ème siècle

    Gisement : Nord-Nord-Ouest-Sud-Sud-Est, hauteur d'eau en pleine -mer : 3 brasses, en basse-mer : 0
    Ce port dans la Manche est à une lieue et demie de la rade de Perros et est formé par la nature et sans ouvrages d'art, mais tous les navires d'échouages peuvent y entrer et y être parfaitement en sûreté de tout vent. La direction de son entrée est Nors-Nord-Ouest-Sus-sud-est (AD 22, Etat indicatif des ports, 1809).
    L'anse de Buguélès
    On la trouve nommée 'anse de Bulgeulle', et peu de choses sont mentionnées, sinon qu'elle en est une annexe du Port-Blanc : Cette anse dépend du Port Blanc, et est renfermée dans son enceinte mêmes circonstances (Arch. nat. Mar. D222, f°132 et Arch. Art. 3a 19, f°157).
    L'anse de Pellinec
    L'intérêt de ce petit havre est qu'il est relativement protégé et permet l'accès de petits navires de pêche.
    De même qu'à Bulgeulle au devant de ces anses se trouvent plusieurs isles et rochers dits de St. Gildas, Toulacec, Lacrene, Chateauneuf, Gouade, la Brique et au Mouton.
    La mer ne quitte presque point la côte en cette partie, ne laisse qu'un galet difficile à marcher et rempli de goëmons. Plusieurs barques de pêcheurs sont habituées dans ce port, ils portent leur denrées à Tréguier, Lannion et ailleurs. Il y a dans les marées ordinaires sur cette partie de la côte 13 à 14 pieds d'eau, moitié plus dans les marées d'équinoxe (Arch. nat. Mar. D222, f°132-133 et Arch.Art. 3a 19, f°157).




Illustrations

Doc. 1
Extrait du cadastre de 1834 : remarquer 8 parcelles sur l'îlot, dont 2 parcelles bâties (AD 22)
Fig. 1
Vue générale du port de Buguélès
Fig. 2
Vue générale de l'entrée de Buguélès, avec le port à l'extrémité de la pointe
Fig. 3
Vue générale de la côte Est de Buguélès, avec le port à l'extrémité de la pointe
Fig. 4
'Pen Roc'h Kuré' ('Tête de roche du Vicaire') : plateau de roches au Nord de l'anse de Gouriant (Gouermel) au Sud du port de Buguéles
Fig. 5
Vue de Enez Inic et de 'Karreg Stivell' à l'entrée Nord du port de Buguéles
Fig. 6
L'entrée Est du port de Buguéles avec son semis d'îles : Karreg Iliao, Enez Inic
Fig. 7
L'ancien havre d'échouage de Buguéles, à l'Ouest du port
Fig. 8
L'entrée Ouest de l'ancien havre de Buguéles
Fig. 9
Le port d'échouage de Buguélès
Fig. 10
Vue de l'Île Ozac'h et du cordon de galets qui protège la cale et le port des vents de Nord-Ouest
Fig. 11
Vue de la cale de Buguéles depuis l'anse du moulin à marée, en partie fermée par un cordon de galets
Fig. 12
Vue de la cale : remarquer la forte pente et les murs de quais en moellons
Fig. 13
Vue de l'extrémité Sud de la cale, au niveau de l'îlot Bilo, en partie propriété privée
Fig. 14
Vue du vaigrage en ciment de la cale

Voir

Penvénan, Présentation de la commune de Penvénan

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)