(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Penvénan, Saint-Gildas (île)

Chapelle Saint-Gildas

Type de dossier : individuel ; sous-dossier Date de l'enquête : 2008

Désignation

Dénomination : chapelle
Appellation et titre : Chapel Gweltaz

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2000 A1
Numéro INSEE de la commune : 22166
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Tréguier
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : La chapelle Saint-Gildas (11ème-13ème siècle) et son oratoire, dédiés à Saint-Roch (19ème siècle), sont situés dans l'Île Saint-Gildas. L'Île Saint-Gildas était au Moyen Age la propriété de Guy, duc de Richemont, frère du duc de Bretagne, puis à la fin du 19ème siècle de Duportal du Goasmeur (1787) et enfin d'Alexis Carrel (1919). La chapelle, menaçait ruine en 1451, lorsque le pape Nicolas V accorda aux Franciscains de l'île-au-Moines, dans l'archipel des Sept-Iles, l'autorisation de s'y réfugier, ce qu'ils ne firent finalement pas. Restaurée au 19ème siècle et en 1919, la chapelle paraît conserver des parties romanes. L'Île Saint-Gildas est donnée en 1960 à la Fondation Carrel par la veuve d'Alexis Carrel à la condition d'y établir une fondation monastique selon le souhait de son défunt mari. Entre 1967 et 1969, une petite communauté issue de l'abbaye de Boquen s'y installa. Aujourd'hui, l'île et la chapelle ont retrouvé une fonction privée, entre résidence secondaire et culte religieux réservé aux nouveaux propriétaires, en dehors du jour du pardon traditionnel des chevaux au dimache de la Pentecôte.
Datation(s) principale(s) : 11e siècle ; 13e siècle ; 2e quart 19e siècle ; 1er quart 20e siècle

Description

Commentaire descriptif : L'édifice est situé dans un enclos, où l'on peut remarquer à l'Ouest, un bâtiment à usage d'habitation, à proximité et au Sud un calvaire (apporté vers 1960 du continent - Il se trouvait à l'entrée du chemin menant à Mezou Meur) et à l'Est un oratoire. Le bâtiment, de plan rectangulaire et très allongé, est construit en moellons de granite et en pierres de taille pour l'encadrement des ouvertures, situées sur la façade principale au Sud (avec la porte principale en plein cintre). La chapelle présente une élévation à l'Ouest, pouvant porter à l'origine une cloche entre deux montants en pierre (aujourd'hui envahis par la végétation). L'élévation Est est contiguë à un autre bâtiment à usage d'habitation, qui ferme l'enclos. L'édifice mesure à l'extérieur 16 mètres de longueur et 5 mètres de largeur. La toiture à longs pans était encore couverte de chaume au début du 20ème siècle, de même que l'oratoire. Ces édifices portent aujourd'hui une couverture en lauzes de schiste.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; granite ; pierre de taille
Matériau(x) de couverture : schiste en couverture
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Type de la couverture : toit à longs pans
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : bon état

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Observations : La chapelle Saint-Gildas mérite d'être signalée pour son ancienneté et son histoire.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue générale de la chapelle


Documentation

Documents d'archives

Archives municipales de Penvénan. Correspondance avec Duportal de Goasmeur. Délibérations concernant les droits de propriété sur la chapelle Saint-Gildas, en date du 30 mai 1843, du 28 avril 1844 et du 13 avril 1845. Il est fait état par le propriétaire de Goasmeur du contrat de vente du 25 novembre 1787.

Archives départementales des Côtes-d'Armor. E 1820. Aveux concernant l'île Saint-Gildas appartenant au fief de Guernaultier entre 1454 et 1789, p. .

Bibliographie

COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Tréguier. Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, tome 71, 1939, p. 69.

LE BRAZ, Anatole. Vieilles chapelles de Bretagne. Paris, 1928, p. .



Annexes

  1. Extrait d'un texte de Anatole Le Braz, cité par Daniel Giraudon, dans 'Des chevaux et des pardons en Bretagne', pp. 168-181, Armorik N°3, Editions Anagrammes, 2005.

    La description qu´en donne Anatole Le Braz lors du pardon à l´île Saint-Gildas fait bien penser à une course de défoulement, sorte de fantasia, où chacun cherche à libérer toute son énergie et toute la force de son cheval : Par tous les chemins raboteux qui dévalent vers la grève, se précipitaient au galop, des hordes de juments et d´étalons montés par des paysans à demi-nus. Ni bride, ni selle, un simple licol. L´homme en bras de chemise, le pantalon de berlinge retroussé jusqu´aux cuisses, avait les bras noués autour du cou de la bête ou se cramponnait à sa crinière. Il en débouchait de toutes parts. Sur le bord de la plage, ils se rangèrent, l´eau n´étant pas encore assez basse pour passer. les bêtes piaffaient, hennissaient. Les hommes chantaient ou s´interpellaient bruyamment, avec de farouches éclats de voix, ou, dans leur impatience, insultaient la mer. Dès que l´eau parut guéable, ils s´élancèrent. J´eus sous les yeux, de la hauteur où j´étais assis, le spectacle d'une extraordinaire fantasia bretonne. Manuscrit inédit, CRBC, Brest.


  2. Le pain de Saint-Gildas, bara sant-Weltraz (île Saint-Gildas, Penvénan)

    On conduit chaque année les chevaux au pardon de Saint-Gildas, situé dans l'île de ce nom (l'île de Saint-Gildas) : arrivé à la chapelle, on fait manger à son cheval un pain qui a touché préalablement le pied de la statue de saint Gildas. Derrière la chapelle, on remarquait jadis, tracée dans le granit, l'empreinte parfaite d'un corps humain : c'était là, dit-on, que couchait saint Gildas. Le pardon de Saint-Gildas se déroule encore aujourd'hui et attire une foule nombreuse sur l'île, à pied, en tracteur et à cheval.

    Anatole Le Braz, 'enquête relative aux saints bretons' (1894), inédit :
    Dans le canton de Penvénan, le saint des chevaux, c´est saint Gildas, sant ar c´hezeg. La légende raconte qu´il vint d´Hibernie en Bretagne sur un rocher, celui-là même que l´on voit encore auprès de sa chapelle et qui est couvert de lierre. Le rocher était lourd et n´avançait que lentement. Or, les parents du saint, qui ne voulaient point qu´il les quittât, lancèrent une flotte sur ses traces, pour le rattraper et le forcer à revenir. Déjà, il apercevait les voiles des navires, derrière lui, à l´horizon. Alors, il fit une prière et étendit la main droite au dessus des flots. A ce geste, une bande de chevaux de mer sortit des profondeurs de l´abîme, et, s´attelant au rocher qui portait le saint, ils l´amenèrent au galop vers le lieu où il devait aborder. Voilà comment saint Gildas est devenu patron des chevaux.

    Le jour de son pardon, qui se célèbre sur l´île le dimanche de la Pentecôte, des femmes se viennent installer aux abords du sanctuaire, avec des corbeilles de pain coupé par tranches égales. Elles vendent un sou chaque tranche aux pèlerins qui emportent ce pain à la chapelle et le confient à un des deux hommes placés, pour cet office, de part et d´autre de la statue du saint. L´homme le frotte par trois fois contre le ventre de la statue, en procédant alternativement de bas en haut et de haut en bas, puis le rend au pèlerin ou à la pèlerine en disant : Sant Weltaz d´ho pinnigo ! / que saint Gildas vous bénisse. Ce pain dès lors est consacré. La vertu du saint est en lui. De retour parmi les siens, le pèlerin en distribue un morceau à tous les gens de sa maison qui doivent faire le signe de la croix avant de le manger. C´est un préservatif tout puissant contre la fièvre. il n´est pas bon de distribuer tout le pain : il convient au moins d´en garder la croûte qu´il faut ramasser précieusement au fond de la grande armoire. Qui a chez lui le pain de Saint-Gildas n´a à craindre pour son logis ni le feu de la terre, ni le feu du ciel, pour sa famille, ni les maladies contagieuses ni les accidents pour ses bêtes, ni les herbes mauvaises, ni les maléfices des sorciers, pour ses champs enfin, ni la grêle, ni aucun autre fléau. Ce qui prouve d´ailleurs que ce pain possède des facultés miraculeuses, c´est que, le laissât-on, des temps indéfinis dans l´armoire, il ne moisit jamais et jamais ne se dessèche. il est même passé en proverbe de dire de quelqu´un qui garde, malgré les années, bel air et bonne mine : Heman ‘zo ‘vel bara Sant Weltaz, cossâd ha chom fresk / celui-ci est comme le pain de Saint-Gildas : il vieillit et reste frais.




Illustrations

Doc. 1
Vue de l'intérieur de la chapelle Saint-Gildas, vers 1910 (carte postale, AD 22)
Doc. 2
La chapelle et l'oratoire de l'Île Saint-Gildas vers 1920-30 (carte postale, AD 22)
Doc. 3
Le pardon de l'Île Saint-Gildas vers 1930-38, devant la chapelle (carte postale, AD 22)
Doc. 4
Le pardon de Saint-Gildas en 1940 (carte postale, AD 22)
Fig. 1
Le départ des pélerins en attelage pour le pardon des chevaux à l'île saint-Gildas (Daniel Giraudon, collection particulière))
Fig. 2
La traversée des chevaux vers l'île Saint-Gildas (Daniel Giraudon, collection particulière))
Fig. 3
La sortie de la statue de Saint-Gildas lors du pardon des chevaux (Daniel Giraudon, collection particulière))
Fig. 4
Le pardon des chevaux à l'île Saint-Gildas (Daniel Giraudon, collection particulière))
Fig. 5
Vue générale de la chapelle
Fig. 6
Vue de la façade Sud de la chapelle
Fig. 7
Vue de l'entrée de l'oratoire funéraire de Alexis Carell

Voir

Penvénan, Présentation de la commune de Penvénan
Penvénan, Saint-Gildas (île), Écart : Île Saint-Gildas

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)