Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Perros-Guirec, Mean Ruz

Phare de Ploumanac'h dit phare de Mean Ruz

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2006

Désignation

Dénomination : phare
Appellation et titre : dit phare de Mean Ruz

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1822 D 611
Numéro INSEE de la commune : 22168
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Perros-Guirec
Milieu d'implantation : en écart

Historique

Commentaire historique : Le 22 janvier 1856, l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées rapportait qu'une pétition avait été adressée au préfet des Côtes-du-Nord par de nombreux habitants des communes de Perros-Guirec et de Trégastel pour l'établissement d'un petit feu à l'entrée de Ploumanac'h, comme suite au naufrage d'un bateau pilote l'année précédente. L'ingénieur poursuivait son rapport en insistant sur l'importance du port de Ploumanac'h pour la pêche aux maquereaux et aux langoustes, qui alimente l'arrondissement de Guingamp, les ports de la Manche et jusque la ville de Paris (25 bateaux). Il mentionnait aussi le transport du goémon et du sable de mer, avant de revenir sur la navigation dangereuse de nuit et la présence régulière de la houle dans le chenal qui mène à l'anse de Ploumanac'h, exempte de tout ouvrage portuaire. Le premier projet devait être érigé sur "Castel Braz", au-dessus de la plage de la Bastille, mais la commission nautique décida à l'unanimité le rocher de Mean Ruz en Ploumanac'h. Le projet fut approuvé par décision ministérielle du 22 septembre 1858. L'adjudication du site fut obtenue en 1859 par Kerguenou, entrepreneur à Lannion. Le rocher fut dérasé et la tour construite sur la partie est de la roche. L'Etat du acheter une parcelle de 20 ares nécessaire pour cette construction et le droit de passage attenant au lieu dit "Lan lors Luron", où pu être construit un pont en granite avec une superbe voûte.
Le 1er août 1860, la tourelle carrée en maçonnerie, de 2, 40 m de côté et de 8, 90 m de hauteur, contenant un escalier d'accès à la plate-forme de la lanterne, escalier à vis avec un diamètre de 12 40 m, était équipée d'un feu fixe rouge à pétrole avec une mèche unique, visible à 8 milles (15 km). Elle formait avec la tour de l'Île aux Moines et le clocher de la Clarté (amer remarquable), un angle de 170° et avec cette même tour et le clocher de Trébeurden, un angle de 136°. Le plan focal était de 24, 50 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers. Les premiers gardiens pouvaient arriver.
L'ancienne tour était construite en pierre de taille (de la Clarté) pour les socles, corniches, angles, encadrement des portes et fenêtres, marches d'escalier et soubassement de la lanterne. La balustrade de la plateforme était de fer galvanisé et la toiture en zinc. Un petit hangar adossé au rocher recevait la provision de bois. Derrière la tour avait été accolée une petite construction servant de lieu d'aisance. La tour était adossée à un corps de logis long de 7, 30 m et large de 6, 40 m, contenant une chambre, une pièce servant de salle commune, un magasin aux huiles, un vestibule donnant accès à la tour, un bureau. A ce bâtiment avait été accolé, en 1886 un appentis séparé en deux pièces de mêmes dimensions servant de cuisine et de cellier accessibles par la salle commune. Sous le phare, côté est, un escalier en pierres de granite, taillées, menait à une cave, qui servait au gardien à stocker son cidre. Pierre Menguy fut l'un des derniers gardiens du phare de Mean Ruz jusqu'en 1945, où il était en poste avec sa femme Radegonde, née Colin (gardienne en titre, précédemment affectée au phare de Bréhat depuis 1902).
Le bâtiment du gardien et de sa famille représentait un plan rectangulaire, avec une pièce unique au rez-de-chaussée (chambre) et un étage sous combles aménagé avec une seconde chambre (lis clos). En 1879, la parcelle de 2 ha 50 était achetée et annexée au phare, afin que les gardiens puissent disposer d'une fontaine et de l'alimentation en eau douce. Un bâtiment à usage de magasin à huiles (pétrole) pu ainsi y être construit.
En 1886, le logement du gardien, annexé à la tour, était agrandi d'un nouvel appentis, desservi par une rampe légèrement inclinée.
En 1921, le feu fixe était à secteur blanc et rouge. En 1930, la tourelle était blanchie du côté du large. Le 4 août 1944, le feu était détruit par les troupes allemandes dans leur débâcle. En attendant la reconstruction d'un nouveau phare, on éleva une tourelle métallique. En octobre 1948, un nouveau feu était allumé : feu à occultation toutes les 4 secondes, secteur blanc et rouge, sur le nouveau phare, une tour pyramidale réalisée par l'entreprise Martin et Frères de Lannion, selon les plans des architectes Auffret et Hardion, avec la participation de l'artiste Odorico pour les mosaïques intérieures. Ce fut l'entreprise de mosaïques, faïences, granite et carrelages Odorico et Baudoux de Rennes, qui fut chargée de l'exécution du revêtement du fanal de Ploumanac'h, concernant l'habillage des marches, des contremarches et du dallage d'entrée réalisé en granit de couleur blanche et jaune. La construction de ce nouvel édifice au même emplacement que l'ancien devait prendre en compte le "site particulièrement pittoresque, de caractère sauvage, et spécifiquement breton, un des plus visités de la côte bretonne constitué par un grand nombre de rochers de formes bizarres, arrondies en granit rose et roux, émergeant du sol". Le site environnant l'ancien fanal avait été classé et protégé peu avant la guerre, aussi l'architecte Auffret de Saint-Malo du travailler de concert avec les Beaux Arts. Le nouvel édifice présente une architecture totalement différente de l'ancien. Il s'agit d'une simple tour supportant l'appareil d'éclairage sans corps de logis attenant : le feu étant électrifié par une ligne souterraine et non gardienné. On logea l'appareillage et les pièces de rechange dans un local situé à 50 mètres de la tour, au sud-sud-est. Ce petit bâtiment carré en maçonnerie de pierres apparentes était une ancienne dépendance du fanal détruit.
Datation(s) principale(s) : 3e quart 19e siècle ; 2e quart 20e siècle
Date(s) : 1860 ; 1947
Justification de la datation : datation par source
Auteur(s) : Dujardin (ingénieur) ; (Auffret (ingénieur)
Justification de l'attribution : attribué par source

Description

Commentaire descriptif : L'ancienne tour et l'appentis étaient construits en moellons bruts de granite provenant des abords du rocher de Mean-Ruz. La tour avait été blanchie à la chaux du côté du large. Les chaînes d'angles, le pourtour des portes et fenêtres, la corniche et la tête de cheminée étaient en pierre de taille de granite de l'Île-Grande.Les toitures pentées étaient en zinc (logement et appentis).
Le phare actuel de Ploumanac'h est une tour pyramidale en pierres apparentes de granite rose, de 15 mètres de hauteur. La hauteur du phare au-dessus de la mer est de 26 mètres et la hauteur de la focale est de 13, 50 mètres. Le fanal est seulement accessible par un pont jeté entre le rocher sur lequel il est érigé et le chaos granitique. Il s'agit d'une tour de forme quadrangulaire destinée à supporter un appareil d'éclairage constitué par une lanterne. La tour est extérieurement de section carrée et cylindrique à l'intérieur. Elle permet d'accéder au feu par l'intermédiaire d'un escalier intérieur en spirale conduisant à une galerie supérieure et extérieure. La tour s'élargit donc au sommet de manière à constituer une plate-forme autour du support du feu. La plate-forme est entourée d'un parapet en maçonnerie. Fondée à même le rocher et reliée à la terre par un pont de 9 mètres possédant un parapet, la tour est construite sur une plate-forme épousant le contour du rocher et entourée s'un muret.

Commentaires sur la mise en oeuvre : la tour a été construite en matériaux du pays de manière à ce que l'édifice s'harmonise avec le cadre environnant. La maçonnerie de pierres apparentes a été réalisée en moellons de granite rose provenant des carrières de La Clarté. Les chaînes d'angles, le socle, les encadrements des ouvertures, le bandeau et les corbeaux sont en pierres de taille de granit rose. L'escalier intérieur hélicoïdal est en béton armé. L'appareillage des pierres a été extrêmement bien soigné avec les joints apparents. Les chaînes d'angles sont nettement affirmées et présentent des lignes géométriques continues. Seule la façade sud-ouest est percée d'ouvertures. Pratiquées dans un renfoncement rectangulaire vertical, les fenêtres éclairant l'escalier intérieur rompent avec l'aspect lisse et impénétrable qu'offrent les autres côtés de l'édifice. Ce dernier aspect est accentué par le sommet de l'édifice constitué d'un parapet en pierre soutenu par des corbeaux ressemblant à une tour foteresse. Ce procédé permet de limiter l'impression de verticalité qui se dégage de la tour, verticalité rompue d'autre part par le bandeau séparant les deux parties du fût de l'édifice.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; granite
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : bon état

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Observations : Ce phare, remarquable par sa construction en granite rose de Ploumanac'h, mérite d'être signalé.

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de l'Etat

Vue générale
Plan général de situation du phare sur le rocher de Mean Ruz en 1859-60 (AD 22)


Documentation

Documents d'archives

AD Côtes d'Armor : série S Art. 611- 612 - 613. Le phare de Mean Ruz.

AD Côtes d'Armor : S Suppl. 218. Plan général de situation du phare sur le rocher de Mean Ruz en 1859-60. Projet de phare à Mean Ruz : plan coupe de la tourelle et logement du gardien, 1831, .

Bibliographie

AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.

DREYER, Francis. Les maisons-phares. In Phares et balises, sous la dir. de Guy Prigent. Catalogue de l´exposition présentée au Château de la Roche-Jagu, 2002. Rennes : Apogée, 2002.

FICHOU, Jean-Christophe, DREYER, Francis. Phares de France. Rennes : Ouest-France, 2005.

LE BRAZ, Anatole. Le gardien du feu. Paris : Langlaude, 2005.

LE BRAZ, Anatole. La légende de la mort. Rennes : Terre de Brume, 1996.



Annexes

  1. Le feu de Ploumanac'h

    Objectif : signaliser l'entrée de ce port refuge et diriger en même temps les navigateurs dans le chenal des Sept Iles, passage étroit entre la terre et l'archipel des Sept-Iles.

    Une Commission nautique fut alors appelée en 1856 à se prononcer sur l'emplacement le plus convenable pour l'établissement du fanal projeté. La roche de Mean-Ruz, située à gauche de l'entrée du port fut désignée comme l'endroit le plus favorable pour recevoir le feu.

    Le 22 mai 1857, une décision ministérielle approuva, sur l'avis de la Commission des Phares, l'établissement d'un fanal de 4ème ordre comportant un feu fixe rouge à l'entrée du port de Ploumanac'h.

    Le projet de construction quant à lui fut approuvé par décision ministérielle le 22 septembre 1858. Il s'agissait de construire une tourelle en maçonnerie de forme quadrangulaire abritant le feu et annexée à un logement de gardien, à l'extrémité nord-ouest de la pointe de Ploumanac'h.

    Mise en oeuvre de la construction (étapes, chantier)

    Les travaux de construction, réalisés à l'entreprise, débutèrent en septembre 1859 bien que tous les approvisionnements des matériaux avaient été faits au mois de juillet de la même année. En effet, l'Inspecteur Général, L. Reynaud estima que les deux rochers sur lesquels la construction devait être établie dans le projet primitif n'offraient pas une assise suffisante pour l'établissement de l'édifice en question comprenant un logement de gardien annexé à une tourelle. Le nouvel emplacement choisi, distant de 100 mètres environ de celui du projet primitif, était un rocher isolé, entièrement séparé des autres roches et en contact immédiat avec la mer. Le logement et la tourelle furent établis sur la partie supérieure de la roche, dressée de niveau à cet effet et dont les vides avaient été comblés.
    Les travaux de construction furent complètement terminés en juillet 1860.

    Description de l'édifice :

    Il s'agissait d'une tourelle carrée de 2,40 mètres de côté et de 8,90 mètres de hauteur, contenant, un escalier d'accès à la plate forme de la lanterne, escalier à vis avec un diamètre de 1,40 mètre. Derrière la tour avait été accolée une petite construction servant de lieux d'aisance. La tour était adossée à un corps de logis long de 7,30 mètres et large de 6,40 mètres contenant une chambre, une pièce servant de salle commune, un magasin aux huiles, un vestibule donnant accès à la tour, un bureau. A ce bâtiment avait été accolé, en 1886 un appentis séparé en deux pièces de mêmes dimensions servant de cuisine et de cellier accessible par la salle commune.

    Isolé sur un rocher, le fanal de Ploumanac'h était relié à la terre par une rampe formée de deux murs de soutènement, d'une largeur de 7 mètres sur une longueur totale de 10 mètres.
    La façade principale de la maison était orientée au sud est et tournée du côté de la terre. La tour carrée était accolée au logement au milieu du pignon nord.

    La tour, supportant l'appareil d'éclairage, se composait d'un socle de 0,60 mètre de hauteur, d'un fût de 8,50 mètres ayant pour base inférieure et supérieure un carré de 2,30 mètres de côté et d'une corniche de 0,40 mètre au dessus de laquelle sur la plateforme s'élevait le soubassement de la lanterne consistant en un cylindre droit à base circulaire. Cette plate forme était entourée d'une balustrade en fer galvanisé. La tour formait un cylindre creux de 1,40 mètre de diamètre renfermant une cage d'escalier qui permettait d'accéder au palier supérieur sur lequel reposait l'appareil. On y accédait par le logement du gardien à partir de la chambre. La tourelle était éclairée par deux fenêtres ouvertes dans la face opposée à la porte d'entrée

    Le logement du gardien de forme rectangulaire se composait d'un rez de chaussée et d'un grenier mansardé. Au rez de chaussée, se trouvait une vaste pièce occupant toute la largeur du bâtiment avec une cheminée au milieu du pignon. La porte d'entrée donnait directement accès à cette pièce. A droite de celle ci un vestibule menait à la tour et séparait deux autres petites pièces servant pour la première de bureau et pour l'autre de magasin aux huiles. Les pièces du rez de chaussée étaient éclairées par deux fenêtres rectangulaires pratiquées dans la façade principale du logement et encadrant la porte d'entrée. Le grenier mansardé était constitué d'une seule pièce éclairée par une fenêtre rectangulaire percée dans le pignon sud au dessus de l'appentis.

    En 1886, le logement du gardien étant devenu insuffisant, on rajouta une annexe. Un appentis de forme rectangulaire fut accolé au pignon sud de la maison pour servir de cuisine et de cellier. Il mesurait 5,50 mètres de longueur sur 3,50 mètres de profondeur. L'appentis affleurait en hauteur le dessous des retours de corniches et le dessous du seuil de la lucarne du pignon sud de l'édifice. On accédait à cet appentis soit par l'extérieur au moyen d'une porte pratiquée du même côté que celle de la façade principale, soit de l'intérieur par la salle commune par une porte pratiquée dans le pignon. Deux fenêtres rectangulaires disposées l'une à côté de l'autre sur le côté sud, éclairaient les deux petites pièces constituant l'appentis.

    La tour, le logement et l'appentis étaient construits en moellons bruts granitique provenant des abords du rocher de Mean Ruz. La tour avait été blanchie à la chaux du côté du large. Les chaînes d'angles, le pourtour des portes et fenêtres, la corniche et la tête de cheminée étaient en pierres de taille de granit de l'Ile Grande.

    Dimensions principales de l'édifice :

    Hauteur de la tour au-dessus du niveau de la plate-forme : 15 mètres. Hauteur de la tour au dessus du niveau des plus hautes mers : 27 mètres. Hauteur du foyer au dessus du niveau de la plate forme : 14 mètres. Hauteur du foyer au-dessus du niveau des plus hautes mers 26 mètres.

    Elévation et distribution intérieure par niveau :

    La tour permet d'accéder au feu par l'intermédiaire d'un escalier intérieur, conduisant à une galerie supérieure et extérieure. Elle renferme donc une cage d'escalier ayant la foi me d'un cylindre creux de 1,80 mètre de diamètre.
    D'autre part, la tour se compose :
    - d'une fondation en béton destinée à encastrer la tour dans le rocher qui constitue le sol naturel. La fondation est constituée par quatre massifs de béton coulé dans des cavités pratiquées dans le rocher et rendus solidaires du socle de la tour par des fers ronds munis de crochets.
    - d'un socle en béton portant le sol intérieur du hall d'entrée à 0,30 mètre au dessus du rocher. Ce socle, armé d'un quadrillage de fers ronds reliés aux fers d'ancrage des massifs de fondation, a 4,40 mètres de côté.
    - d'un fût constitué de deux parties séparées par un bandeau de 0,50 mètre . la partie inférieure possède une base élargie de 4,10 mètres de côté s'élevant jusqu'à 3 mètres au dessus du sol. A cette hauteur le côté atteint 3,90 mètres. Au dessus se trouve une partie en forme de tronc de pyramide de 6,80 mètres de hauteur dont la base a la forme d'un carré de 3,70 mètres de côté et le sommet un carré de 2,80 mètres de côté.
    - d'une corniche faisant saillie de 0,40 mètre sur le fût et supportée par des corbeaux en pierre.
    - d'une plate forme entourée d'un parapet sur laquelle se trouve un muret en maçonnerie supportant une dalle de 0,15 mètre d'épaisseur qui reçoit le socle de la lanterne. La plate forme entre le support de la lanterne et le garde corps a une largeur minimum de 0,50 mètre et s'étend sur trois côtés. Sur le côté opposé à la façade du phare débouche la polie d'accès. Les deux côtés latéraux sont surélevés au moyen de trois marches pour permettre l'accès au feu.

    Circulations et ouvertures

    La porte d'entrée est placée sur la façade sud ouest de la tour. Elle est face au sentier touristique qui conduit au fanal. On y accède au moyen de deux marches. Elle a la forme d'un rectangle de 1,50 mètre sur 1 mètre surmontée d'un demi cercle de 1 mètre de diamètre.
    Quatre fenêtres, séparées en élévation par des intervalles d'environ 1,60 mètre, ont été percées sur la façade sud. Extérieurement, elles se présentent dans un renfoncement en forme de rectangle allongé dans le sens vertical. Les trois premières sont rectangulaires et la dernière cintrée.
    Un escalier hélicoïdal tournant autour d'un poteau central cylindrique de 0,20 mètre de diamètre permet l'accès à la plate forme supérieure. Il possède 53 marelles, la dernière constituant un palier est bordée d'un garde corps métallique. Le gros œuvre en pierre de taille et moellons ordinaires

    Commentaires (mise en oeuvre)  :

    La tour a été construite en matériaux du pays de manière à ce que l'édifice s'harmonise avec le cadre environnant. La maçonnerie de pierres apparentes a été réalisée en moëllons de granit rose provenant des carrières de La Clarté. Les chaînes d'angles, le socle, les encadrements des ouvertures, le bandeau et les corbeaux sont en pierres de taille de granit rose. L'escalier hélicoïdal intérieur est en béton armé.

    L'appareillage des pierres a été extrêmement bien soigné avec les joints apparents. Les chaînes d'angles sont nettement affirmées et présentent des lignes géométriques continues.

    Seule la façade sud ouest est percée d'ouvertures. Pratiquées dans un renfoncement rectangulaire vertical les fenêtres éclairant l'escalier intérieur rompent avec l'aspect lisse et impénétrable qu'offrent les autres côtés de l'édifice. Ce dernier aspect est accentué par le sommet de l'édifice constitué d'un parapet en pierre soutenu par des corbeaux ressemblant à une tour de forteresse. Ce procédé permet de limiter l'impression de verticalité qui se dégage de la tour, verticalité rompue d'autre part par le bandeau séparant les deux parties du fût de l'édifice. Les toitures pentues étaient en zinc (logement et appentis).

    Le phare pendant la guerre 1939-45

    Pendant la Seconde Guerre Mondiale, dès les premiers jours de l'occupation, tous les phares et feux du département avaient été éteints sur l'ordre des autorités allemandes et occupés par des soldats. Il avait été conclu verbalement qu'aucune dégradation ne serait réalisée dans les phares et feux français et que les gardiens y seraient maintenus sous la surveillance de soldats allemands afin d'éviter toute dégradation du matériel. L'armistice assura aux Ponts et Chaussées l'entretien et le fonctionnement des phares en mer (fourniture du pétrole, de l'huile, du charbon ...). Cependant, en 1942 l'autorité allemande exigea l'évacuation des gardiens français de tous les phares ainsi que la remise des clefs des édifices et des lampes des appareils d'éclairage. Le fanal de Ploumanac'h n'échappa pas à cet ordre et lors de leur retraite en août 1944, les troupes d'occupation le firent entièrement sauter.


  2. Extrait : "La Légende la mort", Anatole Le Braz

    Dans son ouvrage "La légende de la mort", rédigé en 1893, Anatole Le Braz (1859-1926), cite cette légende, qui lui fut transmise par l'abbé Lavissière :
    Si quelque naufrage a lieu, les amis et les parents cherchent les cadavres. Si on ne les trouve pas le jour, la nuit on les cherche. Dans le bateau, un cierge est allumé et là, selon la croyance, où il s'éteind se trouve le cadavre.




Illustrations

Des. 1
Plan général de situation du phare sur le rocher de Mean Ruz en 1859-60 (AD 22)
Des. 2
Plan, élévation de la tourelle en projet, 1857 : élévation latérale et de côté (AD 22)
Des. 3
Plan : coupe longitudinale de la tourelle en projet, 1857 (AD 22)
Fig. 4
Ouvrage : règlement des gardiens des phares et fanaux (AD 22)
Des. 5
Projet de phare à Mean Ruz : plan coupe de la tourelle et logement du gardien, 1881 (AD 22)
Des. 6
Carte marine : plan de situation et coordonnées marines du phare à Mean Ruz, 4e quart 19e siècle (AD 22)
Des. 7
Présentation de l'ensemble de la planche des dessins et plans du phare de Ploumanac'h, 1891 (AD 22)
Des. 8
Vue élévation du phare de Ploumanac'h, 1891 (AD 22)
Des. 9
Elévation de la partie ouest du phare, 1891 (AD 22)
Des. 10
Coupe verticale de l'appareil, 1891 (AD 22)
Des. 11
Vue en coupe du phare de Ploumanac'h, 1891 (AD 22)
Des. 12
Plan du rez-de-chaussée du phare de Ploumanac'h, 1891 (AD 22)
Des. 13
Profil de la corniche de la tour du phare de Ploumanac'h, 1891 (AD 22)
Fig. 14
Le phare de Ploumanac'h en 1907, avec une dédicace de Botrel (AD 22)
Des. 15
Plan des lieux en 1894 : servitude de passage à acquérir, sentier douanier indiqué, fontaine en D 601 et poudrière en D 598 (AD 22)
Des. 16
Plan général des lieux en 1894 : servitude de passage acquise, sentier des visiteurs, l'enclos du phare, la pierre branlante indiquée, pâture et labours (AD 22)
Fig. 17
Le phare : vue de mer avec le pignon peint en blanc (AD 22)
Fig. 18
Entre le phare et la villa Regnard : le magasin à huile et l'atelier mécanique (AD 22)
Fig. 19
Le phare de Ploumanac'h au début du 20ème siècle : la cuisine et la salle à manger n'ont pas encore été construits (AD 22)
Fig. 20
Vue en contre-plongée du phare de Ploumanac'h, côté sud : au rdc, la salle à manger et la cuisine (collection particulière)
Fig. 21
Représentation romantique du phare dans la tempête au début du 20ème siècle (carte postale, collection particulière)
Fig. 22
Le phare de Ploumanac'h en 1930 : Pierre Menguy était le gardien de phare depuis 1902 (carte postale, AD 22)
Des. 23
Réprésentation aquarellée du phare de Mean Ruz aujourd'hui (Loïc Ollivier)
Des. 24
Dessin du phare de Mean Ruz en 1860 (J.C. Fichou)
Des. 25
Dessin du phare de Mean Ruz en 1950 (J.C. Fichou)
Fig. 26
Histoire du 1er phare de Ploumanac'h : un feu de 4ème catégorie sur Mean-Ruz (Ouest-France 2000, Françoise Racine)
Fig. 27
Histoire du 1er phare de Ploumanac'h : 5 août 1944 : le phare est dynamité (Ouest-France 2001, Françoise Racine)
Fig. 28
Vue aérienne du phare et de la Pointe de Mean Ruz (UTL Lannion)
Fig. 29
Vue générale
Fig. 30
Le phare qui montre la mer aux terriens
Fig. 31
Le phare dans son environnement de landes côtières et de chaos granitiques
Fig. 32
Le phare vue de terre, en face des Sept-Îles
Fig. 33
Le mur de soutènement et l'escalier en granite qui descend à la cave à cidre du gardien
Fig. 34
Le phare et le pont en pierre taillées de granite, sous voûte, qui en permet l'accès
Fig. 35
La tour : fût carrée et ses différentes ouvertures
Fig. 36
Le sommet de la tour
Fig. 37
La lanterne et l'optique de nuit

Voir

Perros-Guirec, Ploumanac'h ; Pors-Rolland ; Pors-Kamor, Écart de Ploumanac'h

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2006 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2006. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)