(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008

Bretagne, Côtes-d'Armor

Plougrescant, Kerlabenn (Île)

Cabane de Kerlabenn

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2008

Désignation

Dénomination : cabane

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1980 A 1881
Numéro INSEE de la commune : 22218
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Tréguier
Milieu d'implantation : isolé

Historique

Commentaire historique : La cabane de Kerlabenn a été habitée au cours du 19ème siècle. Le nom de l'île de Kerlabenn, non cadastrée, signifie le Village de la 'Médisance' d'après Alain Le Berre. Dans la toponymie nautique locale, le terme de 'Kerlabenn' est aussi associé à un sillon de sable ou de galets ('Graou Kerlabenn'), joignant la roche Kerlabenn à la terre, à un plan d'eau 'Poull Kerlabenn' (peut-être une ancienne pêcherie) et à un trou de sable à l'Est 'Poull Lovr' (le 'Trou Lépreux'). La grève à l'Est de l'îlot s'appelle 'la grèves des Suisses', selon la tradition orale.
Datation(s) principale(s) : 4e quart 19e siècle

Description

Commentaire descriptif : La cabane située sur l'îlot de Kerlabenn, sur la côte Nord-Ouest de Plougrescant, face à Poull Stripo, est construite en galets et en moellons de granite et recouverte d'une tôle ondulée. Elle s'appuie sur un rocher qui la protége des vents dominants. Elle dispose de deux ouvertures au Sud. La cabane est actuellement en ruine. De plan rectangulaire avec un toit en terrasse, elle mesure 8 mètres de longueur hors tout sur 4 mètres de largeur. La pièce unique mesure 4, 80 mètres de longueur et 3, 50 mètres de largeur. La hauteur des murs est de 2 mètres. Les murs sont construits en moellons de granite et en galets.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : moellon ; galet
Matériau(x) de couverture : tôle ondulée
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Type de la couverture : terrasse
Technique du décor : maçonnerie
Etat de conservation : désaffecté ; mauvais état

Intérêt de l'oeuvre

Oeuvre repérée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue générale


Documentation

Bibliographie

LEBERRE, Alain. Toponymie nautique de la côte nord de Bretagne. Première partie : du plateau de la Méloine à Plougrescant. Paris : Imprimerie nationale, 1973.



Annexes

  1. Les Iles Plougrescantaises : de l´archipel des îles d´Er à 'Karreg Iliav'
    Texte rédigé par Georges Ralon.

    Le littoral plougrescantais extrêmement découpé, varié, bordé de brisants et d´écueils, dispose à quelques encablures de son rivage, d´îlots et d´îles peu connus compte tenu de leur modeste superficie.
    Découvrons tour à tour ces derniers d´Est en Ouest, de l´embouchure de la rivière de Tréguier à la plage de Gouermel, portion maritime limitrophe entre les communes de Plougrescant et de Penvénan.
    L´archipel des îles d´Er est le plus distant de la côte. Il se compose de l´Île Verte, de la Petite Île ('Enez Vihan'), de la grande île ('Enez Terc´h'), du Corbeau, de la pierre à l´Anglais, de 'Roch Nor Laier', des 'Renauds' et de 'Grande Pierre'.
    L´'Enez Vihan' a été une terre peu exploitée. Au siècle dernier, son sol sablonneux était pourtant propice à la culture des carottes.
    En revanche, 'Enez Terc´h' est un territoire privilégié tant par la variation de sa faune ou la diversité de sa flore que par la richesse de son passé. En voici quelques exemples. L´orphioglosse des Açores, petite fougère rarissime, ainsi que le cerfeuil des bois s´y côtoient. Quant aux nombreux oiseaux migrateurs et lapins, ceux-ci se partagent avec bonheur cette terre. N´omettons pas de préciser que la cueillette du goémon était pratiquée dans cette zone ; les laminaires et le 'bodre' constituaient des revenus non négligeables pour les îliens. Au siècle dernier, une famille y demeurait et élevait des moutons, faisans et poneys. La culture du blé et des pommes de terre était également une de leurs activités. Image insolite dans ces parages chaotiques : il n´est pas rare d´apercevoir un ou deux phoques se prélassant sur les rochers.
    L´histoire de cette île est marquée par un événement tragique : le 2 septembre 1795 sous le Directoire, la Corvette 'Assemblée Nationale' était traquée par une frégate anglaise. La corvette française talonna en récif et l´équipage se réfugia sur l´île. Les Anglais débarquèrent de nuit, s´opposèrent à nos vaillants canonniers bretons autochtones et pillèrent l´exploitation du métayer. Aujourd´hui, cette île est un site protégé d´intérêt européen et propriété privée.

    A proximité de cet archipel, mais plus proche du continent, s´intercale l´île Loaven qui possède une très minuscule chapelle dédiée à saint Gonéry. Depuis près de quinze cents ans que saint Gonéry est mort à Plougrescant, il est moins inactif qu´on pourrait le croire. De temps en temps, au printemps une cérémonie religieuse voit transporter solennellement les reliques du saint de cette île. Alors, dit-on au pays, 'saint Gonéry va rendre visite à sa mère'. L´embarcation qui assure le port du reliquaire de l´ermite est suivie par toute une procession de bateaux. Sur ce fait marquant, Etienne Bouillé a réalisé un tableau intitulé 'Le pardon de l´île Loaven'.
    Quittons désormais ce panorama situé l´est de la commune et longeons le sentier vers le site de la pointe du château, puis poursuivons notre itinéraire et arrêtons nous au port de Pors Scaff.
    Là, sur votre droite, à l´arrière des 'trois aiguilles' et du 'rocher de Napoléon', se dissimule l´îlot de 'Kerlaben' sur lequel subsiste une cabane en bois et en pierres. Etait-elle un repaire dans les temps lointains aux pirates et aux brigands de haute mer ? Certains le suggèrent.
    Continuons à présent notre promenade et fixons nous, en dernier lieu sur la plage de 'Rojo Gwen'.
    Face à nous, à une centaine de mètres, se dresse l´île 'Yvinec'. Propriété privée depuis maintes générations, elle possède depuis peu une éolienne. Cette île est raccordée à 'l´île des Pins' par un banc de galets qui permet de se rendre de l´une à l´autre. Les jours de tempête, l´assaut des vagues permet d´entendre de la terre ferme, le roulement des galets.

    Située à l´Ouest de la commune, 'l´île des Pins' demeure, pendant la période hivernale, le lieu de ralliement de bon nombre de bateaux qui viennent, en effet, se mettre à l´abri. C´est sur cette île que l´abbé Loas se réfugia dans une grotte à l´époque de la Terreur, pensant ainsi se soustraire aux regards d´autrui. Cette excavation portait le nom de 'Toul ar C´horandonet'. A cette époque, cette caverne ne disposait qu´un accès discret. Durant tout le temps passé dans ce refuge, la population plougrescantaise ne le laissera pas choir ; les habitants lui fourniront vivres, vêtements, matériel. Vers 1870, l´entrée de la grotte fut libérée et dégagée par Léon Henry, propriétaire de l´île. Cette grotte exposée plein sud existe toujours.
    Dans un prolongement de 'l´île des Pins', l´îlot 'Roc´h Vran' se dresse, à quelques mètres du rivage. Il est à noter que cet îlot où s´élèvent une maison ('village Goffic' comme le souligne une carte postale) et d´énormes rochers, constitue également un propriété privée.




Illustrations

Fig. 1
Vue générale
Fig. 2
Vue du mur latéral Nord construit en galets et en moellons
Fig. 3
Vue de la façade Sud de la cabane
Fig. 4
Vue de la charpente endommagée et de la couverture

Voir

Plougrescant, Présentation de la commune de Plougrescant

(c) Région Bretagne, 2008 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2008. Chercheur(s) : Prigent Guy. Renseignements : Centre de Documentation de l'inventaire du patrimoine culturel, Tél. : 02 22 93 98 29 / 31 / 40. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)