Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Trébeurden, Toëno

Paysage dit marais et presqu'île de Toëno

Type de dossier : ensemble Date de l'enquête : 2005

Désignation

Dénomination : paysage
Appellation et titre : dit marais et presqu'île de Toëno

Compléments de localisation

Numéro INSEE de la commune : 22343
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Perros-Guirec
Milieu d'implantation : en écart

Historique

Commentaire historique : La presqu'île de Toeno

La presqu'île de Toëno est relié au continent par un tombolo de sable. La dune sépare la plage du marais, elle a été enrochée récemment. La falaise de loess recule progressivement. Le marais maritime compte 14 espèces de plantes marines. La presqu'île de Toëno avec ses landes, côté terre et ses rochers, côté mer offre trois sortes de granite différents : le granite de Ploumanac'h, le granite de Goas Treiz et le granite de l'Île Grande, qui furent en partie exploités (Odile Guérin, APEGIT).

Le flanc est de la presqu'île est composé de granite gris du type Île-Grande qui n'y a pas été extrait. Le flanc sud-ouest est de granite du type Agathon, mais celui-ci est "truffé" d'énormes enclaves de granite du type Traouïero, le même que dans la carrière voisine de Kerleo. Il n'y avait pas ici de grand chantier d'extraction, on observe seulement la trace des outils, mais peu de déchets de taille : l'extraction y fut donc limitée. La jetée de Toëno, construite vers 1930, de l'autre côté, vers l'est, à l'abri des vents a servi à charger le granite extrait à Kerleo, en particulier les pavés transportés dans des tombereaux tirés par des chevaux. Le marais est aujourd'hui utilisé comme zone d'échouage et d'hivernage pour les bateaux.
Nous avons pu observer les traces de trois croix gravées (de tailles différentes entre 40 et 15 cm de hauteur) sur un rocher à l'ouest de la presqu'île proches du sentier qui fait le tour de la presqu'île, témoignage selon la tradition orale d'un naufrage où périrent un adulte, un adolescent et un jeune enfant (non daté). Dans le marais recouvert à marée haute, la présence d'un menhir (avec à côté vers le nord un autre menhir cassé à terre) prouve qu'il y a 5000 ans, le niveau de mer était plus bas.

Etno-écologie des marais littoraux : Toënno

Synthèse d'après le rapport de J.P. Pinot "L'évolution du littoral autour de la baie de Lannion et sur la Côte de Granit Rose", SMVM de la baie de Lannion, 1993.

L'évolution des usages pastoraux du marais de Toënno montre comment la végétation d'un marais littoral peut évoluer en fonction des activités humaines.
Jusqu'au 3ème quart du 20ème siècle, les cultivateurs-éleveurs de Trébeurden faisaient encore paître leurs vaches sur le marais de Toënno ; lesquelles broutaient de préférence l'Obione portulacoïdes, qui ne pouvait donc pas s'étendre dans les parcelles où elles avaient accès, et ne dominaient que les abrupts où elles ne pouvaient pas s'aventurer. La progression de cette plante grasse était régulée par cet usage qui indirectement limitait la sédimentation et l'envasement du marais, colonisé par cette invasive. Lorsque cet usage s'est arrêté, l'Obione a envahi le marais et les joncs eux-mêmes ont reculé sur presque toute le pourtour de chacun des îlots qu'ils formaient. Des deux chemins qui traversaient jadis le marais, le plus septentrional existe toujours, plus large et plus vaseux, le second a disparu. Enfin, le recul du tombolo, mais aussi la circulation des voitures sur son revers, ont provoqué l'invasion du fond du marais par les sables dunaires, et le marais par conséquence, a reculé d'une quinzaine de mètres. Joint au recul des joncs à l'autre extrémité, cela aboutit aujourd'hui à ce que la surface du marais n'est plus guère que la moitié de ce qu'elle était autrefois.
Datation(s) principale(s) : 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle ; 20e siècle

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété publique

Vue du marais ennoyée, murets et enrochements de la côte au sud de Toëno


Documentation

Bibliographie

PINOT, Jean-Pierre. Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la baie de Lannion. Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.



Annexes

  1. Pilote de Thomassin, 1875 :

    Le Toinot au mouillage nord-ouest de l'Île Grande est pour les caboteurs la relâche la plus sûre ; on s'y rend presque toujours par la passe du sud-ouest, Toull ar Mine Mélen qui range la pointe nord ouest de Milio. C'est là que se réfugient les caboteurs en relâche à Milio, lorsque les vents tournent à l'ouest. Mais comme il n'y a que 3 m d'eau à l'entrée et qu'il n'y en a pas à l'échouage à l'heure de la mi-marée, on est quelquefois obligé de mouiller à l'abri de l'île Molène.


  2. Description de la pointe de Toënnou au 1er quart du 18ème siècle par Le Masson du Parc :

    Cette pointe de Toënnou (ou Toëno, Touëno) fait face à l'île Grande : au vis à vis de l'isle grande s'avance la pointe de Toueno, situé au Nord-Est. La mer y vient battre la côte à demie marée et s'en retire assez loin, mais on ne peut y aborder, à cause de la multiplicité des rochers qui sont partie à fleur d'eau, partie cachés. C'est de cette pointe qu'on peut plus aisément passer à l'isle grande aux deux tiers de marée, mais il faut prendre garde à plusieurs canaux profonds où il y auroit danger de rester, les courants y étant assez rapides, avec des guides et en se jettant sur la droite, l'on marche sur un banc de sable ferme qui conduit à la pointe dite Château du Lan (Pointe du Castel) ; il faut être à cheval pour faire ce trajet, et non à pied ; il est de demi quart de lieüe. Une partie de ce banc de sable constituait le port de Trozoul. (sources : Arch. nat. Mar. D222, f°149-150 et Arch. Art. 3a 19, f°175).




Illustrations

Fig. 1
Le marais de Pors Toëno en 1959 (SMVM Baie de Lannion, Pinot, 1993)
Fig. 2
Le marais de Pors Toëno en 1993 (SMVM Baie de Lannion, Pinot, 1993)
Fig. 3
Recul de la falaise de loess de Toultrez et du cordon dunaire de Toëno, entre les plans cadastraux de 1819-1858 et 1960 (SMVM Baie de Lannion, Pinot, 1993)
Fig. 4
Vue du marais ennoyée, murets et enrochements de la côte au sud de Toëno
Fig. 5
Le marais maritime : échouage des bateaux en hivernage
Fig. 6
Les murets littoraux de pierres sèches mal équarris au sud de l'ïle Toëno
Fig. 7
Le haut estran au sud de l'Île : vue de détail du muret de défense littoral avec l'alignement des pierres levées, extraites des carrières
Fig. 8
Menhir dans le marais de Toëno
Fig. 9
Croix gravées sur un rocher à l'ouest de l'île Toëno,
Fig. 10
Le sable grossier du marais fournit un sol idéal pour l'hivernage des bateaux
Fig. 11
Le marais de Toëno à marée montante
Fig. 12
Alignement de pierres en palis au nord-est de l'île Toëno, sur une longueur de 25 m et une hauteur de 0, 80 m

Voir

Trébeurden, Présentation de la commune

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2005 ; (c) Conseil général des Côtes-d'Armor, 2005. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)