Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France
inventaire préliminaire

Bretagne, Côtes-d'Armor

Tréveneuc

Port Saint-Marc

Type de dossier : ensemble ; sous-dossier Date de l'enquête : 2004

Désignation

Dénomination : port

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : Domaine public maritime
Numéro INSEE de la commune : 22377
Aire : Communes littorales des Côtes-d'Armor
Canton : Etables-sur-Mer
Milieu d'implantation : en écart

Historique

Commentaire historique : Le havre de Saint-Marc est cité avec le qualificatif de "grève" dans le Pilote côtier de Thomassin en 1875. Le havre de Saint-Marc est située à l'extrémité est de la commune, entre la pointe du Portalasie et la pointe de Pen Osée (falaise du Romeur). Il représente avec Port Moguer le port le moins important ce cette côte du Goëlo. Une digue surélevée datant du 4ème quart du 19ème siècle, longue d'environ 42 mètres, fut édifiée entre le rocher isolé du Châtelet et la côte rocheuse, afin de protéger ce port des vents et de la houle d'ouest. Un chemin vicinal d'intérêt commun n° 56 desservait en 1882 le port pour le transport des amendements marins. Le port abritait une quinzaine de petits bateaux sabliers et de pêche à la fin du 19ème siècle et seulement 5 canots, jaugeant ensemble 9 tonneaux et montés par 5 hommes en 1931.
Devant ce havre, on peut remarquer la roche appelée "Le Cheval", située dans le prolongement du Châtelet, les roches "La Luèze", Le "Passage", "La Tête à l'Homme", situées plus à l'est, la grève du Romeur et la falaise du Romeur. Entre Bec de Vir et Saint-Marc, la toponymie locale a retenu les noms suivants d'est en ouest, qui représentent des pointes de roches au niveau de côte des falaises : L'Ergan, Le Tabouret, La Chaise, Les Qu'nouilles, L'Ermot, Carreau et la grotte "La Houle à canon". Le havre de Saint-Marc n'est pas mentionné comme port dans le Pilote de Thomassin (1875). Dans les années 1960, un projet de port en eau profonde fut examiné sur un fond de 10 mètres, avant la mise en chantier du port de Saint-Quay. L'ancienne plage de Saint-Marc était constituée de galets ; aujourd'hui elle s'est ensablée (érosion du "grou" de la falaise) et les galets sont partis, peut-être en raison du busage du ruisseau. On aurait trouvé des troncs d'arbre sous la plage de Saint-Marc, dont l'origine est jusqu'à aujourd'hui non élucidée. Cette plage est une bonne zone pour le goémon d'épave, recherché pour les jardins. Un banc naturel d'huîtres plates, devant le Palud, fut exploité en 1960 par des ostréiculteurs (Chamat) ; des dépôts d'huîtres témoignent encore aujourd'hui de cette activité ostréicole, reprise par de nouveaux exploitants. Le dernier pêcheur de Saint-Marc s'appelle René Cottin (bateau de pêche le "Saint Marc"). Une zone de mouillages pour une cinquantaine de bateaux de plaisance a été récemment réalisée à Saint-Marc.
Selon la tradition locale, un bateau vénitien aurait coulé à Saint-Marc au Moyen Age et serait à l'origine d'une contrebande active : "les brigands de Saint-Marc" qui trouvaient refuge dans le bois de Pommorio. On retrouve la trace de ces "naufrageurs" au "Tertre aux pendus" à Saint-Quay, où ils étaient exécutés. Cependant, il ne faudrait pas oublier la présence des douaniers, qui disposaient d'une guérite au-dessus de l'anse du Palus et entre Saint Marc et Bec de Vir.
Datation(s) principale(s) : 19e siècle

Description

Commentaire descriptif : Le havre de Saint-Marc est une simple anse ouverte à l'est, complètement abritée par des falaises sur sa rive sud, moins bien protégée sur sa rive nord par un cordon de rochers reliant l'ilôt du Châtelet au littoral. Le fond est formé de rochers et de gros galets peu propices à l'échouage. La profondeur de l'anse est de 200 mètres, sa largeur de 100 mètres. Un roche isolée nommée La Luaise partage l'entrée en deux passes d'une cinquantaine de mètres chacune. Le havre est fermé par une digue submersible située à l'ouest de l'anse entre la partie terrestre et le rocher culminant à 28, 50 m, nommé le Châtelet.

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété publique

L'anse ou havre de Saint-Marc


Documentation

Documents d'archives

AD Côtes d'Armor : S Sup.art. 175. Plan de situation du havre de Saint-Marc et du projet de digue-brise lames, 1866.

Bibliographie

RICHOM André. Témoignage oral. Enregistrement audio, décembre Tréveneuc, 2004, Témoignage oral .



Annexes

  1. Extrait du Pilote de Thomassin, 1875

    La côte comprise entre la pointe de Minar et la pointe de Saint-Quay est élevée et accore. Elle est saine à une distance de 1 mille entre la basse de Saint-Brieuc et les îles de Saint-Quay, c'est à dire entre les parallèle de la pointe de Minar et celui de la pointe du Bec de Vir. C'est dans cette partie que se trouvent les terres les plus hautes de la côte d'aval de la baie de Saint-Brieuc, qui portent le nom de "Hauts de Plouha". Leur élévation est de 114 mètres au-dessus du niveau de la demi-marée et elles se trouvent entre la pointe de la Trinité de Plouha près de l'îlot appelé Gouine Zégal et la vallée du Palus de Plouha.
    Entre la pointe de Plouézec et celle du Bec de Vir sont les points suivants : la grève de Natoret, Portz Donan ou la coulée de Minar, la pointe de Kerlite, la pointe de Minar, le village de Minar, les deux moulins de Plouézec et de Minar ; la pointe Troloup, le Poull-Du, anse de galets, le Port Berny au-dessous d'un moulin à vent, le Port-Pin, la pointe Berjule, les Casse-Cou, la pointe de Bréhec, la Grande Mine Ruz, la petite Mine Ruz, la jetée de Bréhec, la vallée du moulin de la Grève ou Prajou Bras, où se trouve la route de Plouézec et où sont les dépôts de sable, les maisons de Bréhec parmi lesquelles on distingue la grande "maison de la Bécassière", qui se voit du cap Fréhel...
    La vallée de Padel monte vers Kerlivio ; il y a deux maisons sur la grève, c'est là qu'on trouve les pierres arborisées. La chaussée de la vallée, le Trou de la Vieille, la pointe de la Tour sur laquelle se trouve un rocher remarquable et un vieux corps de garde, l'anse de Grézillet, les Pierres Blanches, blocs de rochers blancs et à pic très élevés, l'anse de Kerusset, l'anse Gauchat où l'on aperçoit un moulin à eau à l'entée de la vallée. On peut encore remarquer l'anse de l'Ecluse, la pointe aux Bars, l'anse Pénible, Portz Moguer, les sapins où se trouve l'amer de Plouha, la grève du Pas au Vin, la pointe du Pas au Lièvre, les Gaves, Gouine Zégal, la pointe des batteries, la petite anse du Pissot où l'on voit une maison, la petite anse de Baston, la Pierre Blanche, le point le plus haut de la terre, la pointe de la Roche Julienne, Portz Logot, la petite anse du Corzic où se trouve une maison de campagne, le palus de Plouha, grève de galets située à l'entrée de la vallée qui monte vers Plouha ; Goarbibo, entrée d'une petite vallée qui monte vers Tréveneuc, où se trouve un mur sur la grève ; la pointe La Vallée, l'anse du port Goret, la baie Allain et la pointe du Bec de Vire.

    Entre le Bec de Vir et Saint-Quay se trouvent : la pointe et la crique de la Houle au Canon, - Port Anézi, la grève de Saint-Marc où l'on aperçoit la chapelle et une ferme, la pointe du Romeur surmontée de deux rochers remarquables. A l'est, on remarque l'anse Eglihé, la pointe Panozé, la pointe Fonteny près de laquelle se trouve la Hergue, la baie du Petit Saint-Quay, l'anse de la Fontaine, la chapelle du Petit Saint-Quay, la pointe Lisenin, la baie de Saint-Quay et la pointe de Saint-Quay sur laquelle se trouve le sémaphore, et à 500 mètres de lui, une maison à tour carrée, construite dans le style mauresque, appartenant à M. de Calan.
    Les points apparents de la côte de Tréveneuc sont le petit bois du Pavillon Courson, qui est dans l'intérieur, le clocher de Tréveneuc, la coupole de Notre-Dame de Kertugal, et le Moulin "Malgré-Tout", en haut du versant nord de la pointe du Bec de Vir.
    De la pointe de Plouha à celle du Bec de Vir, il y a 1 mille au sud-est. La baie forme deux plages de sable : la plus à l'est se nomme Port Goret, la plus à l'ouest est celle du palus de Plouha. C'est près de cette anse que se trouve Tréveneuc, dont le clocher sert d'alignement pour la basse de Saint-Brieuc (0m0).
    Dans l'est de la pointe de Bec de Vir, à 2 encablures, est une basse de 3, 50 m. A 7 encablures dans l'est-sud-est de cette pointe est la pointe nord du banc de Saint-Marc, sur lequel il y a 5, 30 m d'eau et qui s'étend à 3 ou 4 encablures de la côte, sur une longueur de 1 mille (1800 m) et sur une largeur de 1 encablure : à la pointe sud du banc sont les "moulières de Saint-Quay" ; la plus haute découvrant de 4, 50 m.


  2. La ferme de Saint-Marc
    L'ancienne ferme de Saint-Marc, seule bâtiment présent sur le site portuaire, fut exploitée avec un statut de fermage et de métayage par différentes familles qui se sont succédées : Macé, Le Breton (en 1965) Rolland et Gicquel, en polyculture-élevage. Les châtelains de Pommorio, propriétaires, la louaient à ces familles aux très nombreux enfants (14 enfants en moyenne), qui vivaient en pluriactivité (cultures et pêche à pied). Les bâtiments ont aujourd'hui été transformés en entreprise aquicole (ostréiculture et mithyliculture) et en restaurant de fruits de mer.




Illustrations

Fig. 1
Plan de situation du havre de Saint-Marc et du projet de digue-brise lames, 1866 (AD 22)
Fig. 2
Plan de situation du havre de Saint-Marc en 1866 (AD 22)
Fig. 3
L'anse ou havre de Saint-Marc
Fig. 4
Le havre de Saint-Marc
Fig. 5
La plage de sable de Saint-Marc avec l'allée charretière des goémoniers
Fig. 6
Les ilôts du Châtelet et du Cheval devant l'anse Saint-Marc
Fig. 7
Sentier littoral de Saint-Marc
Fig. 8
Aménagements légers et signalisation sur le site de Saint-Marc
Fig. 9
Parc conchylicole : dépôt de coquillages dans l'anse Saint-Marc
Fig. 10
La ferme conchylicole de Port Goret

Voir

Tréveneuc, Présentation de la commune de Tréveneuc
Tréveneuc, Voie ferrée, borne, ports et digue sur la commune de Tréveneuc
Tréveneuc, Digue de Saint-Marc

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire) / Conseil général des Côtes-d'Armor. Chercheur(s) : Prigent Guy. (c) Inventaire général, 2004. Renseignements : CID-documentation patrimoine, 6 rue du Chapitre, CS 24405, 35044 Rennes CEDEX, Tél. : 02-99-29-67-61. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (DRAC Bretagne) / Yves Godde (Ville de Lyon)